Ce matin : quand la croissance multiplie enfin les emplois.

Il ne faut pas bouder son plaisir quand les bonnes nouvelles s’accumulent sur ce qui est le point noir de la France depuis si longtemps : l’emploi et le chômage. L'an dernier, il y a eu davantage de créations d’emplois que prévu et cette année, on l’a appris hier, les intentions d’embauches retrouvent un niveau record. L’enquête annuelle Pôle Emploi-Credoc le dit : les entreprises anticipent 2,3 millions de recrutements cette année, 19 % de plus qu’en 2017 – 19 %. C’est la plus forte progression depuis 2002. Tous les secteurs sont concernés, toutes les régions et la part des embauches en CDI augmente. 

Bref, ce sont des bonnes nouvelles, liées à une croissance solide. Aujourd’hui, le gouvernement va relever sa prévision de croissance à 2 %. 2 % en 2018 comme en 2017 : il faut remonter à 2010-2011 pour retrouver deux années à ce niveau et encore c’était à cette époque surtout le retour de l’élastique après la récession. 

A partir de là, il faudra plus d’éléments (quoique) pour être certain que ce boom attendu des embauches est la conséquence de l’assouplissement du marché du travail (loi El Khomri de Hollande, ordonnances travail de Macron). Mais tous ceux qui assuraient que ces lois allaient faire exploser les licenciements et les plans sociaux, tous ceux-là se sont trompés ou ont trompé. Que n’a-t-on entendu sur la définition du licenciement, la réforme des prud’hommes etc ? 

En réalité, les employeurs semblent avoir moins peur d’embaucher. En revanche, ils ont bien des difficultés à recruter.

C’est-à-dire ?

Plus de 44 % des entreprises estiment que leurs recrutements seront difficiles. Bien sûr, on peut estimer que ces difficultés ont de multiples causes, y compris des salaires ou des conditions de travail pas attractives, une image dégradée. Mais c’est aussi une question de mobilité de la main d’oeuvre et de l’incapacité du système éducatif et de formation à répondre à cette demande. 

Alors, on va donc donner la liste des métiers pour lesquels sont signalées le plus de difficultés de recrutement et donc qu’il faut regarder de près : les charpentiers, les régleurs, les couvreurs, les serruriers, les dentistes, les carrossiers automobiles, les personnels navigants de l’aviation (c’est bizarre) et les aides à domicile. Voilà. Un édito économique pour (essayer de) réfléchir, c’est bien ; un édito qui rend service, c’est mieux !

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