C'est aussi l'économie qui fera dimanche l'élection régionale...

C'est une chronique délicate parce que le terrorisme l'immigration et la sécurité jouent un rôle plus central dans ce scrutin que l'économie. Mais quand même. Il y a une corrélation intéressante entre la poussée du Front National et le chômage. Si on prend les quatre grandes régions où le FN est arrivé au niveau le plus élevé dimanche, on s'aperçoit que c'est là précisément que le taux de chômage est le plus haut de France métropolitaine: Nord Pas de Calais Picardie, Languedoc Roussillon Midi-Pyrénées, Provence Alpes Côte d'Azur et Alsace Champagne Ardenne Lorraine. Ce sont des chiffres récents de l'Insee à la fin juin. Les cartes coïncident parfaitement. Cela dit corrélation ne veut pas toujours dire causalité ! On peut avoir peu de chômage et l'extrême droite forte (l'Autriche); ou un chômage en baisse et un FN au second tour de la présidentielle (la France en 2002). L'économie explique un peu mais pas tout.

D'autres indicateurs sont plus convaincants.

Hier a été publié le niveau de la production industrielle manufacturière. En niveau, en volume, elle est 16 % en dessous de celui d'avant la grande récession. Cela ne remonte pas. Depuis 2012, c'est même plat comme la Beauce. La France s'est désindustrialisée, les Français le voit et ils le vivent. Dernier élément : le PIB l'activité produite, par habitant, le seul qui compte vraiment (avec la démographie) est lui aussi toujours inférieur à l'avant-crise. Huit ans de croissance moyenne à zéro . En revanche, on est dans le vert aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en Allemagne. Ce sont des réalités, pas des fantasmes.

Bon, et alors ?

Le FN prospère sur une réalité et un sentiment qui font que selon la formule de l'historien François Furet des Français haïssent l'air qu'ils respirent. La réalité: le french bashing de gauche (tout est misère) et de droite (tout est bloqué) s'additionnent pour augmenter la désespérance au-delà de la réalité. Le sentiment: s'est diffusée l'idée que les pouvoirs sont impuissants à améliorer les choses. C'est faux, des pays y arrivent. Mais ici l'écart entre promesses et ce qui est fait justifie parfois l'adage : beau parleur, petit faiseur.

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