le gouvernement promet des mesures concrètes sur la fiscalité des entreprises en 2015
le gouvernement promet des mesures concrètes sur la fiscalité des entreprises en 2015 © reuters
**Les socialistes sont de plus nombreux à vouloir imposer des solides contreparties aux entreprises qui bénéficieront de la baisse du coût du travail annoncée par François Hollande. Est-ce surprenant ?** Non, ce n’est pas surprenant, mais c’est inquiétant. Ce n’est pas surprenant parce que plus on se rapproche des municipales, plus le Parti socialiste se méfie comme de la peste de ce qui pourrait apparaître aux yeux de son électorat comme une politique de cadeaux aux entreprises, en clair comme une politique de droite. C’est une idée bizarre parce que la gauche défend autant la production que la droite ; mais du coup il y a de la surenchère. Arnaud Montebourg attend 1,6 million d’emplois du Pacte de responsabilité – rien que çà ! ; Et pour sa part, le député Jean-Marc Germain, qui a écrit il y a quinze ans les lois sur les 35 heures avec Martine Aubry, veut que l’allégement de charges s’accompagne d’un accord dans chaque entreprise. Mais en réalité tout cela est inquiétant parce les entreprises ne comprennent rien à ce mot de « contrepartie ». **Et d’abord sur le fond ?** Oui, si une baisse des charges est proposée, c’est bien parce que beaucoup d’entre elles, les entreprises, sont en difficulté, en tous cas les petites et moyennes. Ce n’est pas un cadeau pour qu’elles fassent risette ! Leur taux de marge est au plus bas depuis trente ans et l’activité dans l’industrie n’est pas flambante. Fin 2013, on l’a appris hier, le niveau de l’activité manufacturière – en dehors du secteur énergie – était seize pour cents en dessous de celui de 2007, avant la crise. Poser des conditions chiffrées et obligatoires, c’est comme si, alors que vous coulez, on accepte de vous tendre la main pour vous sortir de l’eau, mais à condition qu’après vous promettiez de marcher sur l’eau... Voilà la première interrogation, de principe. Le second motif du scepticisme qui monte, c’est que les entreprises font aussi leurs calculs. Et elles commencent à trouver que l’on fait beaucoup de bruit pour pas tant que cela. [François Hollande a parlé d’un allégement de 30 milliards d’euros.](http://www.franceinter.fr/depeche-conference-de-presse-de-hollande-ce-quil-faut-retenir) Mais si l’on soustrait les 20 milliards du crédit d’impôt compétitivité de 2012, il reste dix milliards et sans doute pour des raisons techniques complexes. Dix milliards à comparer aux quelques 380 milliards d’euros que représentent aujourd’hui les cotisations sociales versées par les entreprises. Certes, chaque euro compte, mais ce n’est pas le paradis et cela ne justifie pas un emballement général sur des contreparties. Plus les jours passent, plus les milieux économiques se demandent si François Hollande n’a pas piégé le Medef en lui refilant le bébé de la responsabilité de la courbe du chômage. **Rien ne peut donc être demandé aux entreprises ?** Si, bien sûr. Exiger des engagements quantitatifs – un nombre d’emplois créés- n’aurait pas de sens en période de croissance poisseuse. En revanche, exiger du qualitatif, par exemple le développement de l’apprentissage pour les jeunes à la place des stages dont elles usent et abusent, pourquoi pas, cela aurait du sens. Vous savez, Bruno, quel est l’anagramme de contrepartie ? Contrariété ! ## Les liens [Le blog de Dominique Seux](http://blogs.lesechos.fr/dominique-seux/dominique-seux-r59.html)
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