Ne pas confiner si cela reste possible et enlever très progressivement les aides aux entreprises : le gouvernement de Jean Castex mise sur ces deux leviers pour avoir une forte reprise cette année. Tout dépendra néanmoins de la vitesse de la vaccination.

Ne pas confiner si cela reste possible et enlever très progressivement les aides aux entreprises : le gouvernement mise sur ces deux leviers pour avoir une forte reprise cette année.
Ne pas confiner si cela reste possible et enlever très progressivement les aides aux entreprises : le gouvernement mise sur ces deux leviers pour avoir une forte reprise cette année. © Getty / Malte Mueller

Le premier levier, cela ne surprendra personne, est d’éviter le confinement tant que possible

Ces jours-ci, le gouvernement a l’impression de tenir sur une ligne de crête : les restaurants et les activités culturelles sont fermés, il y a un couvre-feu, le télétravail est obligatoire mais les écoles et la majorité des commerces sont ouverts - à la différence du Royaume-Uni et de l'Allemagne.

Avec ce cocktail, le nombre de cas semble stabilisé et la casse est limitée dans l’économie -même si disons-le quand même il y a 300 morts par jour. Pour rester sur la ligne de crête, c’est un pilotage fin : le ministère du Travail juge ainsi nécessaire que deux millions et demi de salariés supplémentaires repartent vraiment en télétravail.

Dans ces conditions, l’Insee estime qu’une croissance de 6% cette année est encore possible, ce qui limiterait les faillites et les destructions d’emplois. 

En 2020, cela est passé presque inaperçu, mais il n’y a eu « que » (‘que’ entre guillemets bien sûr), que 360 000 emplois salariés détruits au lieu des 700 000 à 900 000 que tout le monde craignait. 

Médiatiquement, ce sont ces derniers chiffres qui sont restés dans nos têtes. 

Bien sûr, si le variant britannique changeait tout tout dans quelques jours ou semaines, Emmanuel Macron et Jean Castex fermeront les écoles. 

Donc, un : éviter le confinement. 

La seconde idée est de laisser longtemps en place les béquilles qui soutiennent l’économie 

Le chômage partiel, les prêts garantis, le Fonds de solidarité, et pas seulement pour les hôtels-cafés-restaurants (qui rouvriraient le 1er juin ?) et le tourisme .... Le tour de vis et le retour à la normale seront progressifs même quand la vaccination sera large. 

Bref, le "quoi qu’il en coûte" durera jusqu’à l’été, peut-être, sans doute, après. Jusqu’au printemps 2022, échéance politique ? Peut-être. 

La vaccination reste néanmoins la clé de la reprise

2 500 000 vaccinations (première ou deuxième dose) ont été jusqu’à présent effectuées, c'est compatible avec l’objectif des autorités sanitaires, c’est-à-dire le plus près possible de 4 millions fin février. 

Mais on sera loin, encore très loin, d’un étiage qui permettra d’alléger les contraintes sanitaires. La chape de plomb qui pèse sur nos vies à tous et la partie de l’économie qui est l’arrêt sera soulevée par étapes, mais  pas avant avril / mai. 

Bref, on résume tout ça : c'est mieux que si c'était pire.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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