Les grandes organisations patronales ont publié hier un appel pour demander au gouvernement un plan d'urgence pour l'emploi. Est-ce que François Hollande va les suivre ?

Non je ne crois pas – il est peu probable que le gouvernement reprenne leurs idées. Pourquoi ? Pour une raison simple et désespérante. C'est trop tard. Au fur et à mesure que l'échéance présidentielle se rapproche, la politique remonte au-dessus de la pile des priorités. Et la politique conduit à ne plus braquer la gauche de la gauche avec des mesures qui seraient vues comme trop pro-entreprises. Pour dire les choses brutalement, la phase de la transgression, celle du CICE, du Pacte de responsabilité, du « j'aime l'entreprise » de Manuel Valls, (cette phase) est finie. Retour aux mesures classiques contre le chômage, comme la formation des demandeurs d'emploi. Le social avant l'économique.

La pression aura été forte jusqu'au bout sur le pouvoir ?

Oui, celle des organisations patronales – une interview de Pierre Gattaz du Medef dans Les Echos mardi et cette prise de position hier de six organisations – y compris les start-up, y compris le patronat chrétien qui ne parle jamais. Tous demandent notamment un contrat de travail plus souple et plus simple. Et il y a eu aussi les déclarations d'Emmanuel Macron (dans Le Monde) plaidant en faveur de davantage d'audace sur l'emploi. Aujourd'hui Manuel Valls reçoit les partenaires sociaux et François Hollande annoncera ses décisions le 18 janvier. Le ministre de l'Economie a d'ailleurs, dans cette interview, eu une phrase forte pour asséner que sur 28 pays européens, le chômage a reculé depuis un an dans 24 et augmenté dans quatre dont la France. Des chiffes plus récents sont venus corriger ce tableau après l'interview mais il est rare qu'un ministre fasse un tel aveu. Vous vous souvenez de Pierre Moscovici dénonçant le ras le bol fiscal quand il était lui aussi aux manettes à Bercy après avoir augmenté les impôts.

Il faudrait écouter les milieux d'entreprises sur l'emploi ?

Oui. Pas sur tout, mais ce sont elles qui peuvent créer de l'emploi. Or, le secteur privé emploie, à la virgule près, le même nombre de salariés qu'il y a 15 ans alors que la population a grimpé de cinq millions.

L'équipe

Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.