Ce matin, questions sur la crédibilité financière des programmes des candidats à la présidentielle.

Oui, nous sommes quasiment à cent jours du premier tour -ce n’est plus si loin- et il y a des inquiétudes sur le sérieux budgétaire d’un certain nombre de propositions. Alors, on ne parle même pas de celles du Front National et de Jean-Luc Mélenchon, où les dizaines de milliards valsent à qui mieux mieux, entre le retour à la retraite à 60 ans, les allocations en tous genres etc. Si on regarde les projets de la gauche classique, que voit-on ? Manuel Valls propose la création d’un revenu décent universel, une complémentaire santé à 10 euros, on ne sait pas vraiment ce que tout cela coûterait. Benoît Hamon défend l’idée d’un revenu universel tout court, beaucoup beaucoup plus cher encore. Hier, il a aussi promis la création de 37.000 postes d’enseignants. Arnaud Montebourg, lui, baisserait la CSG sur les bas salaires. Bref, les guichets sont ouverts, il est temps que la Primaire de la gauche arrive. Pour sa part, Emmanuel Macron (on va le classer à gauche, mais on pourrait mettre ailleurs), c’était dimanche, s’est engagé à rembourser à 100% les soins dentaires, d’optique et de prothèses auditives. Coût estimé : plus de quatre milliards d’euros, on ne sait pas bien qui paierait.

Et à droite, ce n’est pas mieux.

François Fillon devra préciser son projet budgétaire. Avec lui, pas question de dépenses supplémentaires, il est cohérent. La question est plutôt celle du décalage entre les baisses d’impôts et de cotisations sociales qu’il prévoit, et les économies qu’il envisage. Le choc fiscal et social, ce serait tout de suite, les économies prendraient forcément davantage de temps, qu’il s’agisse du report de l’âge e la retraite ou de la diminution du nombre de fonctionnaires. Il faudrait des années avant qu’elles aient un effet. Seule la hausse de la TVA a une traduction financière immédiate.

Votre conclusion ?

L’élection 2017 s’inscrit dans une grande tradition française : on creuse les déficits au début de mandat en disant que c’est pour la bonne cause et on voit après comment on remonte la pente. Il faut être honnête : François Fillon dit comment il remonterait la pente, les candidats du parti socialiste ne sont pas sûrs de vouloir la remonter et Emmanuel Macron ne voit qu’une pente pour l’instant : celle des sondages.

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