Le taux de chômage dans l'Union européenne est au plus bas depuis plusieurs décennies. Qui en parle ? Presque personne et c'est un grand tort. Le plus frappant est la fracture entre le Nord et le Sud.

Je vous assure que ce n’est pas facile en ce moment ! Mais oui on vient d’apprendre que le niveau du chômage en Europe est au plus bas depuis dix ans dans la zone euro et au plus bas depuis vingt ans si on prend le continent dans son ensemble

N’est-ce pas une bonne nouvelle ? Si. Cela veut dire que les stigmates de la crise financière sont effacés et que l’Europe de l’Est s’aligne peu à peu sur les standards européens. 

Concrètement, le taux de chômage en zone euro se situe à 7,9% de la population active, il touche 13 millions de personnes. C’est en Allemagne qu’il est le plus bas (autour de 3%) et en Grèce qu’il est le plus haut (19%). Ce qui absolument fascinant quand on regarde de près, c’est la fracture entre le Nord et le Sud de l’Europe. La totalité du pays du Nord, ceux des buveurs de bière (expression inventée par mon confrère F. Lenglet) qui se lèvent tôt, sont en dessous de la moyenne ; la quasi-totalité des pays du Sud, la Grèce donc, l’Espagne, l’Italie, Chypre et la France, les buveurs de vin qui se couchent tard, la quasi-totalité sont au-dessus de la moyenne. 

On rappelle que sont demandeurs d’emploi au sens européen (en fait international), les personnes sans travail, disponibles dans les deux semaines pour travailler et qui ont activement recherché un emploi dans le dernier mois. En France, selon Eurostat, il y en a 2,6 millions. 

Bien sûr, les différences entre pays s’expliquent par la situation économique, mais aussi par la sévérité des systèmes sociaux et l’existence plus ou moins acceptée par les opinions d’emplois dégradés.

Donc définitivement une chronique optimiste ?

Hélas, pas tout à fait. Il faudra se souvenir de cette information encourageante parce que nous avons peut-être (peut-être) atteint un point bas. Des nuages -on ne parle pas d’orage- s’approchent : l’Allemagne va moins bien, l’Italie ne va pas mieux et la France pas vraiment non plus. La très bonne conjoncture, qui a commencé fin 2016, a donné une excellente année 2017 et un bon début 2018, marque le pas. Le climat international et les difficultés politiques dans plusieurs pays européens pèsent sur la sérénité des économies. 

Mais bon, restons et enregistrons cette information : à la fin de l’année dernière, le chômage a été au plus bas depuis au moins vingt ans sur notre vieux continent et on ne peut que s’en réjouir pour ceux qui ont retrouvé un emploi et souhaiter que la France s’inspire un peu plus des pays du Nord de l’Europe. Si j’osais, j’encouragerais nos auditeurs à partager ce week-end cette nouvelle quand même optimiste sur l’Europe avant de replonger dans la grisaille.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.