L’édito éco de Dominique Seux, des Echos. Un sujet qui nous concerne tous : le gendarme français de la concurrence a décidé de s’attaquer au coût des médicaments et au monopole des pharmacies.

Oui, c’est cela, le gendarme dont vous parlez, c’est l’Autorité de la concurrence, qui n’a pas froid aux yeux puisqu’elle s’est déjà attaquée aux ententes entre les opérateurs téléphoniques, aux frais bancaires ou aux garagistes. Cette fois, elle dénonce le manque de concurrence sur le marché des médicaments. Précisément, elle s’en prend aux laboratoires pharmaceutiques d’un côté, aux pharmaciens de l’autre. Cela nous touche tous, vous l’avez dit : chaque jour, un million de Français vont voir un médecin, chaque jour, quatre millions entrent dans une pharmacie.

Qu’est-il reproché à ces professionnels ?

Pour les médicaments vendus sur ordonnance, il n'y a pas de sujet : les prix sont fixés par l'Etat et personne ne veut remettre en cause le rôle des pharmaciens. Mais il y a tout le reste, notamment les médicaments achetés sans ordonnance, en auto-médication. Le régulateur pousse à ce qu’ils puissent être vendus aussi dans des grandes surfaces. Michel-Edouard Leclerc défend cette idée depuis longtemps. Champagne chez lui hier ! Et, puis, il y a la question des génériques. Là, l’Autorité de la concurrence dénonce les méthodes des laboratoires pour dévaloriser les génériques aux yeux du public et des médecins (la fameuse mention « non substituable » sur l’ordonnance) ou pour retarder l’introduction du générique.

L’Autorité de la concurrence donne un exemple très précis.

Celui du paracétamol. Le produit vedette, c’est le Doliprane, du laboratoire Sanofi-Aventis. Or, il n’y a jamais eu de générique, qui aurait permis de baisser les prix. La France est le seul pays d’Europe dans ce cas alors qu’avec un générique, la dépense baisserait pour la Sécu. Le Doliprane est le cinquième médicament le plus remboursé.

Mais que répondent les laboratoires et les pharmaciens ?

Les deux disent : Il faut que l’on gagne notre vie, et comme l’Etat baisse les prix des médicaments remboursés chaque année, il faut se rattraper ailleurs. Les pharmaciens mettent aussi en avant le prix de leur officine qui les endette lourdement. Les laboratoires, eux, disent : si nous ne faisons pas de bénéfice, nous ne chercherons plus de nouveaux médicaments et nous n’en trouverons plus. Ils insistent sur le fait qu’il y a de moins en moins de nouveaux remèdes, ce qui est vrai.

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