La commission des Finances de l’Assemblée nationale a commencé à travailler, hier, sur les très grandes lignes du budget 2019 et le rapporteur, Joël Giraud, donne quelques éléments dans un rapport non encore publié mais que s’est procuré Renaud Honoré, journaliste aux Echos.

Les chiffres vont évoluer à la marge, mais on a désormais une petite idée des évolutions des enveloppes budgétaires des ministères pour l’an prochain. Du côté des baisses, pas de surprise, on trouve le Travail et l’Emploi de Muriel Pénicaud (environ -15%), avec une nouvelle fois de grosses économies sur les emplois aidés ; le ministère de la Cohésion des territoires et du logement va accuser aussi un repli, de 9%, parce que les APL, les allocations logement, seront calculées sur les revenus de l’année en cours et non plus sur ceux d’il y a deux ans. L’État va quand même y gagner un milliard, le cas typique étant celui d’un jeune professionnel qui aujourd’hui peut toucher des APL parce qu’il était étudiant il y a deux ans mais qui va perdre ce droit, tandis qu’un chômeur, lui, y gagnera. Ce sont les deux principales baisses. Du côté des hausses : la revalorisation des minimas sociaux, prime d’activité et allocation adulte handicapée, va pousser le budget des Solidarités de 10% vers le haut ; la Défense va gagner 5% et la Justice 4%. La Sécurité, c’est-à-dire le ministère de l’Intérieur, lui, verra son enveloppe grimper de 1%, tout comme le ministère de Jean-Michel Blanquer, l’Education, de loin, le plus gros (plus de 50 milliards). Enfin, l’exemple venant du sommet, pour les crédits de l’Elysée et du Parlement, les députés et le Sénat, ce sera a priori : + 0%.

Quelles conclusions tirer de cette revue de détail ?

Il s’agit d’un ralentissement des dépenses des ministères assez sensible, puisque leur enveloppe globale évoluerait - on parle au conditionnel - d’environ un milliard à la hausse sur un total de 244 milliards. Mais il ne s’agit pas d’une baisse. C’est conforme à la phrase alambiquée d’Emmanuel Macron devant le Congrès lundi : « nous allons ralentir la hausse continue des dépenses publiques ». Il faut savoir que Bercy sera en tout état de cause dans le bleu (le brouillard) toute l’année parce que la mise en route de cette réforme étrange et risquée de la retenue à la source va créer une incertitude de plus ou moins deux milliards sur cet impôt, a mis en garde la Cour des comptes. 

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