La Bourse de New York a battu hier un record à la hausse datant de ... 1957.

Wall Street : un record battu
Wall Street : un record battu © Getty / Spencer Platt

La Bourse de New York a battu hier un record à la hausse datant de ... 1957. J’ai bien conscience que cette information peut susciter une panne d’attention chez certains de nos auditeurs, qui pourraient en profiter pour vaquer à quelques occupations plus urgentes, dans leur cuisine ou ailleurs. Mais je leur dis : halte-là, c’est un sujet intéressant qui nous concerne tous ! 

L’indice vedette de Wall Street au plus haut depuis plus de 60 ans, c’est le signe à la fois de la bonne santé de l’économie américaine (tant mieux), d’un diktat que font peser les marchés financiers sur les politiques publiques (çà c’est nettement moins bien) et d’un risque de krach qui ne peut être écarté. Parce qu’il y a toujours la gueule de bois après l’ébriété. 

Alors, de quoi parle-t-on ? 

Wall Street a grimpé de façon phénoménale ces dernières années, plus vite que l’économie dite réelle, celle des consommateurs, de l’industrie, de l’innovation, parce qu’acheter en Bourse est d’autant plus intéressant que les taux d’intérêt sont bas. Les épargnants n'étant plus rémunérés quand ils achètent des obligations ou laissent leur argent sur un compte, ils vont en bourse : c’est logique. 

Pourquoi les taux sont-ils bas comme presque jamais dans l’histoire ? 

Parce que les banques centrales (qui émettent et surveillent la monnaie et le crédit) ont peur de revivre le cauchemar de 2008, celui d’une crise financière. Donc, ils font tourner la planche à billets et à crédits. En fait, disons-le de façon abrupte : il y a une relation perverse entre les banques centrales et les marchés, ce sont les marchés qui commandent. Mais tout le monde est content, non ? On peut avoir cette impression, mais cela dure depuis dix ans et du coup non. Qui est content ? Les emprunteurs aiment s'endetter presque gratuitement ; les propriétaires d’actifs immobiliers, d’actions, d’œuvres d’art etc. aiment que les prix et les cours montent. Mais pour les épargnants qui ont constitué de l’assurance-vie sûre pour leur retraite, c'est dur ; comme pour les jeunes qui voient les prix de l’immobilier grimper au ciel ; comme pour les salariés dont les salaires augmentent peu. J'ai envie aussi d'évoquer les économistes qui n’y comprennent plus rien - mais çà tout le monde s'en moque ! Bref, au total l’économie fonctionne cul par-dessus tête. 

Peut-il avoir un krach ? 

On a coutume de dire que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel. C’est faux : ils peuvent monter mais il suffit alors d’un coup de vent pour les faire tomber. La moitié de la finance mondiale n’est pas régulée, protégée. On parle alors de bulles. C’est la déconnexion entre la Bourse et l’économie réelle qui peut être ce coup de vent. Et Donald Trump qui souffle fort et de manière imprévisible. Quand on eu lieu les dernières crises financières ? En 1987, 2001, 2008… Faites le calcul : ça approche.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.