Le sport et l’économie ne sont jamais très loin l’un de l’autre - il suffit de voir les débats qui ont entouré la naissance des paris sportifs sur Internet - et le Mondial n’y échappe pas. Alors je ne parlerai pas de l’impact de la Coupe du monde sur l’Afrique du Sud, évidemment mirifique selon les prévisions. On sait depuis 1998 que l’impact de ce genre d’événement sur le pays organisateur est difficile à évaluer au-delà des généralités sur la construction de stades et le moral des consommateurs. Ce qui frappe en réalité dans cette édition 2010, c’est l’énormité du chiffre d’affaires attendu par la Fifa, la Fédération internationale de football, et la progression assez stupéfiante de ce chiffre d’affaires. Le budget 2003-2006 de la Fifa (2006, coupe du monde en Allemagne) avait atteint 1,6 milliard d’euros. Celui de la période 2007-2010, qui s’achève donc en Afrique du Sud, atteint 2,7 milliards. Le foot, un business royal ! Pourquoi une croissance aussi rapide ? La raison est la mondialisation - encore. Le sport – et donc le foot – est une des rares activités humaines qui intéresse tout le monde, sans barrière de culture et de niveau de vie – un paraguayen pauvre comme un italien riche. S’y ajoute l’explosion du nombre de téléviseurs. Du coup, comme il y a de plus en plus de spectateurs, les recettes sont là. La Fifa attend par exemple un milliard d’euros du marketing. Cette fois-ci, elle a décidé d’avoir moins de sponsors mais de les faire payer plus cher. Pour Coca-Cola, la compagnie aérienne de Dubaï, Emirates, Sony et Visa, le ticket d’entrée est de 65 millions d’euros pour être visible. Sans oublier l’équipement des équipes : douze pour Adidas (dont l’Allemagne et l’Espagne), contre dix pour Nike qui se rattrape avec une star (le Brésil). Mais la recette principale, ce sont les droits audiovisuels…Les chiffres parlent d’eux mêmes. En 1998, en France, les droits avaient péniblement atteint 85 millions d’euros, cette année les chaînes du monde entier font des chèques pour un total de 2 milliards d’euros. Il faut dire que la dernière coupe du monde a intéressé des dizaines de milliards de téléspectateurs en cumulé. Si toutes les chaînes se précipitent, c’est qu’il y a en réalité une autre raison. Car à chaque Mondial correspond une innovation technologique. En 2006, ce sont les écrans plats qui ont fait un carton. Cette fois-ci, la nouveauté, c’est la 3D et, surtout, la diffusion des matchs sur une multitude de supports qui n’existaient pas : les Smarts phones, les I-Pad. On verra les matchs des Bleus en direct sur TF1 (un peu la télévision de papa) mais aussi en différé (en catch-up), au bureau, sur la route ou grâce à la B-box de l’opérateur Internet Bouygues. Les autres opérateurs proposent aussi des exclusivités. Tout cela fait des spectateurs nouveaux et donc augmente le prix des publicités. Voilà comment le ballon rond se transforme en or. Et c’est une vertu économique ?!Je ne sais pas mais je constate qu’il peut réconcilier ceux que l’économie oppose. La preuve, l’entraîneur de l’équipe grecque est un Allemand ! Vous le saviez Nicolas ? (oui, non). Eh bien moi, je l’ai appris hier ! Il n’est jamais trop tard !

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