L’Espagne a obtenu samedi une aide pouvant aller jusqu’à 100 milliards d’euros pour ses banques.

C’est historique parce que c’est le quatrième pays en deux ans qui vient au guichet européen - et ce n’est pas n’importe lequel : il s’agit de rien moins que de la quatrième puissance de la zone euro, deux fois, en taille économique, le total de la Grèce, l’Irlande et le Portugal. Soyons clairs : contrairement à ce que dit Mariano Rajoy, c’est bien d’un plan de sauvetage dont on parle puisque l’Etat n’était plus capable de renflouer ses banques à un coût supportable. Au-delà, pour aller à l’essentiel, ce qui frappe, c’est la solidarité entre le Nord et le Sud malgré tout ce qu’on a dit. Retenez le chiffre : le montant des aides, des prêts, à ces quatre pays s’élève à 500 milliards d’euros et tous ne seront pas remboursés.

Solidarité, oui, mais solidarité toujours le dos au mur !

C’est vrai, tardive, les pays en difficulté étant dans le déni le plus longtemps possible parce que c’est humiliant d’accepter l’aide internationale. Mais les mécanismes sont en place et finalement assez souples dans la mesure où les situations sont différentes d’un pays à l’autre. Dans le cas de la Grèce et du Portugal, ce sont deux pays plutôt pauvres qui ont vécu sur un train de vie de riche – ils se sont endettés au-delà de leurs moyens grâce au taux d’intérêt très bas offerts par la zone euro. Dans le cas de l’Irlande et de l’Espagne, ce sont des bulles immobilières privées qui ont explosées, les banques se retrouvant avec des portefeuilles de créances sur des particuliers sur lesquels elles peuvent faire une croix.

Au total, une bonne opération, ce sauvetage espagnol ?

Oui, si on regarde l’intérêt général européen, qui est d’avoir un pays qui ne sombre pas, si on regarde l’intérêt de l’Espagne ; Après, il faut regarder les conséquences pour les Français et les Allemands. Normalement, l’Espagne remboursera ; si elle ne peut pas le faire, cela coûtera 20 milliards aux Français.Mais la question de fond reste : les Européens courent d’un foyer d’incendie à l’autre et déversent des seaux d’eau ; cela ne peut pas durer dix ans.... Que faire ? Pour Angela Merkel, il faut un droit de regard de chacun sur chacun pour surveiller les départs de feu. Pour François Hollande, il faut partager davantage l’eau. Dans les deux cas, le risque est le divorce entre des dirigeants qui vivent avec une calculette et une lance à incendie et des peuples qui ne voient pas où on va.

Un mot, pour finir, sur la France…

C’est la première fois, avec l’Espagne, que l’aide européenne est à nos frontières. Bien sûr, nos banques et nos budgets sont sous contrôle. Mais un graphique publié hier en Une du site Internet mondial du quotidien américain le Wall Street Journal rappelait que, sur les 17 pays de la zone euro, la France aura cette année le déficit public le plus élevé exprimé en milliards d’euros (à 92 milliards) et pas en pourcentage du PIB abstrait. Ce qui veut dire que c’est elle, la France, qui dépend le plus des marchés. Et, donc, prudence.

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