Alain Juppé dévoile, dans un livre et une interview aux Echos , votre journal, ses propositions économiques.

Elles étaient attendues puisque le maire de Bordeaux est la personnalité la mieux placée dans les sondages. Premier élément à relever : il détaille vraiment beaucoup son projet. Vous savez, il lui est reproché de se cacher derrière sa popularité pour ne rien dire ; en fait il est le premier et le seul à publier des dizaines de pages techniques et précises. Second élément : la rumeur courrait aussi, Alain Juppé serait mou sur le fond. Pronostic là encore faux. Le projet est libéral, pro-entreprises et ne brosse pas les contribuables dans le sens du poil. Ecoutez ce résumé en dix secondes : nouveaux allégements de cotisations patronales financés par un point de TVA en plus, flexibilisation du CDI, retraite à 65 ans, 300.000 fonctionnaires de moins, retour aux 39 heures sauf accord, suppression de l’ISF, cession du capital des entreprises publiques, régime de retraite du privé pour les nouveaux fonctionnaires : si c’est mou, qu’est-ce qu’être dur ? Son analyse est que la situation relative de la France s’est détériorée ces dernières années –ce qui est vrai- et qu’en disant tout avant l’élection, les choses seront possibles après. Il ne sert plus à rien de draguer les électeurs avec des douceurs et des berceuses, ils n’y croient plus. Ce projet va rassurer les électeurs de droite, mais quid des autres qui le regardaient d’un bon œil ?

Mais ce projet est-il crédible ?

Chacun en jugera. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y a pas de fioritures ; certains diront qu’il manque un grain de folie, un peu de fun, de créativité –et ils auront raison. Le jansénisme fait-il envie ? Mais sur le plan financier, il se situe dans la ligne des projets de ses concurrents – 100 milliards d’économies.

Au total, les principaux projets de la droite sont connus, non ?

Oui, et c’est exceptionnel si loin des échéances. En réalité, les électeurs de droite et du centre se diront que globalement, les projets de Sarkozy, Fillon, Juppé sont très voisins. Et c’est donc la personnalité qui comptera au final. Qui donne le plus envie, qui rassure ? Pour conclure, je relève que s’il y a une personne qui suscite les flèches de Juppé dans l’interview, c’est Macro bien plus que Hollande. Question : est-ce parce qu’il voit en lui un concurrent sérieux ?

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