C’est une information des Echos : Il y aura bientôt, Dominique, des taxis amateurs dans les campagnes.

Le ministère des Transports vient d’organiser une réunion pour présenter un projet de réforme qui devrait être intégré dans son projet de loi sur les Mobilités. Selon ce projet, dans les zones rurales, tout propriétaire de voiture (ou presque) pourra offrir ses services pour transporter des clients contre rémunération. Aujourd’hui, cette activité est réservée aux professionnels : les taxis et les VTC. 

L’objectif est de fournir une solution de transport là où il y a peu de trains et de cars possibles, là où la voiture est de fait le seul moyen de locomotion. Un particulier pourrait donc jouer ponctuellement les taxis, en complément de son activité professionnelle. 

Alors, pas sans condition tout de même : il faudra avoir une autorisation de la commune, avoir un casier judiciaire vierge, et il y aura un plafond de revenus. Enfin, cela ne sera possible que dans certains territoires ruraux identifiés, où il y a peu de transports publics collectifs, mais ce dernier point est flou parce que ces taxis amateurs pourront quand même aller vers des grandes gares et les aéroports. 

Bon : cela semble une idée intéressante, le numérique facilitant les mises en contact un peu comme BlablaCar. La France compte à l’heure actuelle environ 100.000 taxis et VTC (chauffeurs Uber et tous ses concurrents), mais la grande majorité travaillent dans les grandes villes, Paris, Lyon, Marseille, Nantes, Montpellier, Lille, Bordeaux. Cela veut dire que dans certains endroits, il n’y a pas assez de taxi parce qu’il n’y a pas assez d’activité pour faire vivre quelqu’un convenablement.

Ce projet peut-il rencontrer des résistances ?

Vous vous souvenez qu’il y a déjà eu deux tentatives de ce type, Uberpop et Heetch, qui ont été interdites par les tribunaux. 

- Les taxis ruraux vont évidemment protester et ils le font déjà, avec des arguments. La concurrence sera rude parce que les tarifs offerts par les particuliers seront plus bas ; les taxis paient une licence qui leur coûte des dizaines de milliers d’euros, etc. 

- Mais le gouvernement a lui aussi des arguments. Près de 90% de l’activité des taxis ruraux dépend aujourd’hui de la sécurité sociale avec le transport des malades, donc ils ne perdront rien ou presque si un nouveau marché s’ouvre. Ensuite, un certain nombre de jeunes ou de personnes en difficulté (sans emploi) n’ont pas le permis mais ne prennent pas de taxi. UN système entre particulier peut les séduire. 

Au total, cette idée -si elle est bien encadrée- est d’autant plus à regarder qu’elle correspond à l’esprit collaboratif dont on vante sans cesse les mérites.

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