Aider l'économie à redémarrer dans de bonnes conditions sanitaires : c'est la priorité du moment, bien avant les grandes envolées sur le monde d'après.

Un chef a transformé son restaurant parisien en supérette pour vendre des paniers gourmets à base de produits de producteurs locaux
Un chef a transformé son restaurant parisien en supérette pour vendre des paniers gourmets à base de produits de producteurs locaux © AFP / Frank Fife

Ce lundi, l'économie se déconfine, Mais il y a à inventer une économie du déconfinement. la semaine dernière, l’économie marchande tournait à 54% de son niveau habituel – à peine mieux que quinze jours plus tôt. 

A partir de ce lundi, il y a trois cas de figure :

  • Il y a d’abord les entreprises pas ou peu impactées par le confinement : les assurances, les banques, les télécoms parce que l’essentiel peut se faire à distance ; l’agroalimentaire et la grande distribution par leur caractère vital. Pour elles, ce 11 mai, rien de vraiment neuf. 
  • Deuxièmement, il y a les entreprises qui restent fermées : tourisme, activités culturelles et sportives, cafés-restaurants et aérien.
  • Enfin, il y a le reste, c’est la plus grosse partie, avec notamment des centaines de milliers de commerces qui peuvent rouvrir. 

Mais qu’il s’agisse de ces commerces, de l’industrie, du bâtiment, des travaux publics, il y aura, chacun le sait, une baisse de la productivité et de l’activité. Les mesures de protection, les roulements d’équipes, les horaires décalés, la distance entre les clients, tout cela change la donne, prend du temps - et c’est normal et indispensable. 

Dans les travaux publics, la productivité va baisser de 15% : vérification des masques, déplacements vers les chantiers dans plus de véhicules, nettoyage du matériel etc. La grande question est de savoir qui va payer ces 15% : les entreprises, les collectivités locales ?

Dans les transports, les pertes vont rester considérables à la SNCF. 

Dans les usines automobiles, la diminution serait de 25%, avec un nettoyage complet des lieux après chaque changement d’équipe. 

Au-delà, la question est de savoir si cela va pousser tous les prix à la hausse et si, par ailleurs, les clients, les consommateurs vont revenir et comment.

… Et au-delà encore ?

Le redémarrage est précautionneux, on voit que le sanitaire est encore dans toutes les têtes. Avec bientôt 100 000 adultes qui en deux mois ont été ou sont hospitalisés sur disons la moitié de la France, c’est normal. Mais les risques économiques et sociaux sont rentrés dans la balance pour rejeter un confinement plus long. 

Au total, toutes les questions d’emploi, d’activité et de revenus, d’une ampleur inédite, vont rendre assez dérisoires et même indécents les fameux grands débats sur "l’après" crise. On a dit 'assez dérisoires', pas totalement parce que l'économie, virus ou pas virus, devra apprendre à fonctionner sans CO2. Mais, et on le dit avec un clin d’œil, le temps qui est venu, c’est celui d’ici et maintenant.

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