**Toutes les sociétés du CAC 40 ont désormais publié leurs résultats 2009… Quelles leçons en tirer ?La dernière publication est celle, hier soir, du groupe Lagardère. Ces résultats des plus grandes entreprises sont importants puisque la France a connu, en 2009, la récession la plus forte depuis 60 ans. La première leçon saute aux yeux alors qu’elle n’a pas vraiment été relevée jusqu’à maintenant. C’est tout simplement qu’aucune de ces grandes marques tricolores n’a mis la clé sous la porte, n’a fait faillite. Ce n’est pas le cas aux Etats-Unis, en Grande Bretagne, où des banques, des compagnies d’assurance ont disparu du paysage. En France même, lors de la crise Internet il y a dix ans, Alcatel, France Télécom et Vivendi avaient été à deux doigts de passer l’arme à gauche. Evidemment, cela ne veut pas dire que les sociétés du CAC n’ont pas souffert cette fois-ci. Leur chiffre d’affaires global a reculé de 9%. Certaines activités ont même littéralement plongé, comme celles d’Arcelor-Mittal ou de Vallourec, mais tout le monde est encore vivant et debout. Debout, qu’est-ce que ça veut dire ?Cela veut dire que les groupes du CAC ont fait mieux que rester en vie, ils ont bien résisté – c’est la deuxième leçon. Comme leur activité est mondiale, ils ont rattrapé en Asie ce qu’ils perdaient en Europe et aux Etats-Unis. Ils se sont aussi et surtout adaptés très vite à la crise, en vidant leurs stocks, en serrant leurs coûts, leurs investissements. Résultat, ils ont réalisé, pour la plupart, des bénéfices – ce qui choque souvent en France mais ce qui est sain, tout est question de proportion. Bref, sur 40 entreprises, 32 ont réalisé des bénéfices, parfois importants (Total, BNP-Paribas, Sanofi-Aventis), parfois lilliputiens (Michelin, Carrefour). Du côté des pertes, on trouve PSA et Renault – dont les pertes atteignent 10% du chiffre d’affaires. Au total, le bénéfice global de ces champions est 47 milliards d’euros, à comparer avec un chiffre d’affaires de 1.150 milliards. Relance Nicolas : Que vont-ils faire de ces bénéfices ? C’est le point qui va être le plus discuté. Pourquoi ? Parce que, troisième leçon, les deux tiers vont être redistribués aux actionnaires. Chacun a ou se fera son avis mais il faut essayer de comprendre les raisons de cette largesse sur les dividendes – moins réelle en fait pour des raisons techniques mais peu importe. En fait, les entreprises ont voulu s’assurer la fidélité de leurs actionnaires, leurs propriétaires, qui ont vu la valeur de leurs actions perdre 50% en trois ans – la plus-value pschitt ! - et qui ont été là quand il le fallait. Pas question, enfin, de les perdre alors qu’il y a une course pour capter l’épargne mondiale. Voilà pourquoi les actionnaires sont « chouchoutés » et moins l’investissement – ce qui est inquiétant. Relance Nicolas : Après les leçons, quelles conclusions ? Un : la situation des PME n’est pas celle des géants du CAC. Deux : ces géants emploient près de 5 millions de salariés dans le monde mais combien en France, on ne le sait pas exactement. Et combien demain ? Ces seuls derniers jours, Essilor – les verres - et Valéo ont annoncé que le gros de leur développement se fera ailleurs. Ce CAC 40 vivant, résistant et mobile constitue une bonne nouvelle pour l’économie, mais il a les jambes ailleurs et de plus en plus la tête aussi.**

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