L’édito éco de Dominique Seux. Ce matin : contre le virus économique, la solution du chômage partiel.

Tourisme, hôtels, restauration parmi les secteurs les plus concernés par les mesures de chômage partiel
Tourisme, hôtels, restauration parmi les secteurs les plus concernés par les mesures de chômage partiel © AFP / Jacques Loic

C’est un dispositif qui permet, on le rappelle, aux entreprises de diminuer l’activité de leurs salariés tout en maintenant plus ou moins le revenu de ces derniers par une prise en charge publique. 

Avec l'épidémie en cours, un certain nombre d'entreprises traversent des difficultés avec une baisse de leur chiffre d’affaires : tourisme, restauration, hôtellerie, monde de l’événementiel, spectacles, et puis des PME qui tout simplement ne reçoivent pas de Chine aujourd’hui et d’Italie demain ce dont elles ont besoin pour tourner. 

Le chômage partiel a une vertu : il permet que le salarié coûte temporairement moins cher à l’employeur, sans licenciement. Le lien est conservé avec l’entreprise, cela devient un travail à temps limité, mais voilà quand l’activité repartira, le salarié sera là. 

Dimanche, Muriel Pénicaud a indiqué que 900 entreprises avaient demandé l’aide de l’Etat pour 15.000 salariés. 

Je peux vous dire qu’hier soir, 48 heures plus tard, ces chiffres avaient déjà doublé : 2.000 entreprises, 30.000 salariés. Cela ne fait que commencer et cent millions d’euros sont prévus. 

Alors, le mécanisme a été facilité parce que tout le monde a un souvenir : 2008-2009. 

Contrairement à Paris, à ce moment, Berlin a fait un usage massif du chômage partiel (un million et demi de personnes – 10 milliards d’euros), ce qui a permis à l’emploi de redémarrer dès 2010. En France, à l'inverse, il y avait eu cinq fois moins de bénéficiaires parce qu’ici syndicats et patronat étaient dans une sorte de tradition historique : on n’a pas un pied dehors et un pied dedans l’entreprise, c’est dedans ou dehors. 

C’est un élément de réponse économique ? 

Un des éléments. Et peu importe si cela coûte cher en période de crise, c'est normal. 

1ère conclusion donc : les entreprises qui en ont besoin ont tout intérêt à utiliser ce chômage partiel. 

2ème conclusion : cela ne suffira pas si l’épidémie n’est pas enrayée et si le stress financier et économique persiste. 

Hier soir, les 27 européens ont juré (en français et en allemand) qu’ils utiliseront (je cite) « tous les outils nécessaires pour passer la tempête ». C’est un copier-coller du Whatever it takes, quel qu’en soit le coût, brandi par la BCE en juillet 2012 pour sauver l’euro. Ces grands mots sont utiles. On aimerait juste qu’ils soient complétés, entre pays européens, par des prêts de matériel médical, de masques et de médecins  – mais c’est trop espérer.

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