Joe Biden promulguera ce vendredi son plan de relance de 1.900 milliards de dollars. Les économistes ne sont pas d'accord. Ce plan rajoute 70 milliards sur les tests et les vaccins.

1900 milliards de plan de relance aux Etats-Unis
1900 milliards de plan de relance aux Etats-Unis © Getty / Catherine McQueen

Le Congrés américain a voté le plan de relance de Joe Biden à 1.900 milliards de dollars. Concrètement, les chèques aux ménages représentent un gros morceau très visible. Politiquement, le vote d’hier constitue une victoire pour Biden cinquante jours après son installation. Mais économiquement ?

Cela représente 1.600 milliards d’euros, ce qui est une somme absolument colossale qui s’additionne avec les deux plans précédents de Donald Trump contre la crise éco-sanitaire. 

Concrètement, les chèques aux ménages représentent un gros morceau très visible; politiquement, le vote d’hier constitue une victoire pour Biden cinquante jours après son installation ; mais économiquement ? 

Economiquement, il faut savoir qu'il y a un furieux débat aux Etats-Unis, entre économistes démocrates, pour savoir si ce plan est bien calibré, s’il n’en fait finalement pas trop.

A la droite de la gauche (si on peut dire), Larry Summers, ancien ministre de Bill Clinton, mène la charge dans le Washington Post en expliquant qu’en face d’un PIB auquel le Covid fait perdre 50 milliards de dollars par mois, le plan Biden met 150 milliards par mois sur la table. Aucun sens, c’est démagogue dit-il, surtout que presque rien n’est prévu pour améliorer les choses au fond, les routes, les ports, bref les infrastructures  etc. 

Pas du tout, rétorque plus à gauche de la gauche le Prix Nobel Paul Krugman dans le New York Times : dans une guerre, mieux vaut plus de munitions que pas assez. 

Alors, qui a raison, qui a tort, brûlez-vous Nicolas de me demander ?

Réponse : si Washington se donne les moyens de tourner vite la page du Covid, le mur budgétaire devient une falaise très haute, mais surtout l’arbitre sera le retour ou pas d’une inflation qui se transmettrait un peu partout. 

En tous cas, Biden ne lésine pas sur un point clé. Donald Trump avait déjà fait voter une enveloppe de 50 milliards de dollars pour les vaccins. Biden rajoute 16 milliards pour leur production, mais aussi 50 milliards pour les tests et le traçage des contaminations et 19 milliards pour recruter spécialement du personnel soignant. Au total, on dépasse 130 milliards de dollars sur les tests et les vaccins -110 milliards d’euros. 

Et là, vous brûlez (à nouveau) de me demander : et l’Europe ?

Surtout devant Clément Beaune, l’invité de Léa. En Europe, on tourne autour d’un gros 30 milliards d’euros pour les vaccins – auxquels pour être honnête il faut rajouter des dépenses dans chacun des 27. Mais c’est bien évidemment en dessous de l’effort américain. Conclusion ? 1- là-dessus, Trump et Biden ont agi dans le même sens et 2- il n’y a pas de débat sur l’efficacité de ces dépenses, le retour sur investissement est certain et quasi-immédiat.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter