Il y a quelques jours, on a beaucoup glosé sur la hausse du prix du tabac qui va profiter à l’Etat puisqu’elle remplit ses caisses avec les taxes sur les cigarettes. L’objectif de santé publique serait évidemment que le nombre de fumeurs diminue vraiment et que l’Etat perde de l’argent. Eh bien, il y a un exemple d’une politique qui atteint cette ambition : c’est la sécurité routière.

La sécurité progresse, le fisc encaisse moins. Il s’agit donc des radars automatiques. Il y en a de plus en plus, mais le produit des flashs commence à diminuer. Soyons concret, le produit des amendes forfaitaires du contrôle automatisé –c’est comme cela que l’on dit– s’élevait à 500 millions d’euros l’an dernier, il tourne autour de 470 millions cette année et descendrait à 435 l’an prochain –selon des chiffres bientôt transmis aux députés. Attention, il s’agit des amendes forfaitaires, que vous réglez dans les temps, si c’est avec retard, il y a une majoration qui rapporte gros elle aussi.

Quelles sont les causes précises, de cette -si on peut dire- baisse du rendement des radars ?

La plus évidente est un plus grand respect des limitations de vitesse en ville, sur les routes et autoroutes. J’entends d’ici des auditeurs qui pensent plutôt au coup de frein avant le radar dont on connaît de mieux en mieux l’emplacement grâce aux GPS. Peut-être. Sans doute. Mais ce n’est qu’un élément. Car il reste que la vitesse moyenne sur les routes est passée de 90 kms/heure il y a dix ans à moins de 80 aujourd’hui. Un vrai coup de frein. Et donc, ces recettes en baisse sont avérées alors que le nombre de radars continue et va continuer d’augmenter. C’est un secteur que la rigueur budgétaire épargne, pas totalement, mais pour l’essentiel. Le nombre de radars va continuer d’augmenter. Fin décembre, il y en aura précisément 3.133 sur le territoire et en 2011, il y en aura 313 de plus. Seule concession à la rigueur, l’objectif était de 4.500 fin 2012, ce sera seulement fin 2013.

Dans le détail, on va continuer à installer des radars fixes et mobiles, mais aussi aux feux rouges. A partir de l’été prochain, il y aura en plus du matériel permettant de mesurer la vitesse moyenne sur un parcours de quelques kilomètres. L’autre point intéressant, ce sont les coûts de maintenance de ces appareils : 60 millions d’euros par an en raison du vandalisme. Mais comme ils sont bien entretenus, leur taux de disponibilité est de l’ordre de 95% pour les radars fixes.

Donc, c’est un dispositif qui fonctionne bien ? Cela fonctionne bien parce que, avec d’autres mesures, cela a permis de baisser le nombre des accidents. Cela fonctionne bien pour l’Etat au sens large parce que, même si cela l’est moins, le système reste économiquement rentable –une partie importante des recettes des amendes est même reversée aux communes pour leurs investissements d’amélioration routière. Mais cela reste à améliorer pour les deux-roues et parce que les voitures allemandes, espagnoles ou italiennes passent toujours entre les gouttes –ou si on veut entre les flashs- des radars français et qu’il est invraisemblable que l’Europe ne se saisisse pas du sujet.

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