François Hollande est condamné à accélérer .

Oui, parce que la semaine qui vient ne va pas être davantage un lit de roses que la précédente. Vendredi, l'agence de notation S & P a dégradé la note de la France - ce qui n'a pas beaucoup d'importance parce que la crédibilité des agences est faible, que nos créanciers internationaux n'ont rien appris de neuf et que les taux d'intérêt auquel l'Etat emprunte n'ont pas bougé. Mais plusieurs épines pourraient bien chatouiller plus sérieusement l'épiderme présidentiel ces jours-ci. Jeudi, c'est le plus important, l'Insee va annoncer la croissance du troisième trimestre, de juillet à fin septembre. A moins d'une bonne surprise, elle pourrait être ... nulle, ce qui serait contradictoire avec la fameuse déclaration de cet été "la reprise est là". On espère se tromper. Le même jour, l'OCDE va remettre un rapport que lui demandé l'Elysée sur notre état de santé, mais dont la publication a déjà été reportée - ce qui laisse supposer qu'il n'y a pas que des compliments. Et vendredi, c'est Bruxelles, selon la nouvelle et utile procédure pour coordonner les politiques économiques en Europe, qui donnera son avis sur le Budget 2014.

Donc une semaine chargée, sans compter un climat social tendu. Mais pourquoi François Hollande devrait-il tenir compte des avis de tous ces organismes qui répètent au fond toujours la même chose : "il faut plus de réformes" ?

Parce que la situation actuelle, sociale et politique, met en péril tout le scénario arrêté il y a dix-huit mois : un méchant tour de vis fiscal vite effacé par la reprise économique qui devait être là pour apporter enfin les bonnes nouvelles, sur le chômage, le pouvoir d'achat et les comptes publics. C'était le pari. Mais ce n'est pas ce qu'on voit. La conjoncture a touché le fond de la piscine, elle s'améliore un peu, mais pas assez. Le climat international est plus mitigé qu'espéré et surtout le climat interne est désastreux parce que les problèmes ne sont pas seulement conjoncturels. Selon l'Insee et le gouvernement, le quatrième trimestre devait être celui du décollage: nous y sommes, au 4ème trimestre mais le stress fiscal est tel qu'on ne peut plus jurer de rien. Et du coup, revient en boomerang le procès fait à François Hollande depuis le début : son problème n'est pas la rigueur, son problème, c'est la vigueur. La vigueur pour entraîner, mobiliser, sur les réformes. S & P, l'OCDE, Bruxelles le disent, peu importe. Plus grave, c'est ce que pensent les Français.

Cela étant, les Français sont contradictoires ?

La France a plus d'impôts, plus de dépenses publiques et plus de chômage que les Etats-Unis, l'Allemagne et la Grande-Bretagne : y-a-t-il un lieu entre ces trois réalités ? C'est la question clé. Mais si les Français ne veulent plus d'impôts, ils veulent plus de subventions et refusent la plupart des économies, comme l'a montré un sondage du Journal du Dimanche hier. Schizophrénie parfaite, climat éruptif, le pays n'est pas tenu. C'est ce qui rend la situation inflammable.

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