Des chefs d’entreprise et des familles riches quittent-ils la France ? Et vous, vous dites : oui, c’est vrai.

Oui, c’est vrai, et bien sûr j’entends déjà des auditeurs se dire : voilà un journaliste manipulé par les Pigeons ; voilà un chroniqueur aveuglé par son ultra-libéralisme qui a trouvé un moyen pour attaquer des hausses d’impôt « justes » : faire peur. Franchement, non seulement on prête au chroniqueur des idées qu’il n’a pas (!), mais surtout il ne s’agit pas de cela. La rédaction des Echos côtoie tous les jours des banquiers, des entreprises, des avocats, des investisseurs : c’est son quotidien, c’est son métier. Eh bien, ces jours-ci, on entend beaucoup parler de « cas » de départs, envisagés ou en cours. Il ne s’agit pas de dire, c’est bien, c’est mal ou il faut en tenir compte ou on s’en moque : il se passe quelque chose.

Mais quels sont les faits ?

Voilà la difficulté ! Une entreprise qui déplace les dirigeants de sa holding de tête, des avocats qui s’installent ailleurs, des cadres qui ont des gros portefeuilles d’actions, des auteurs à succès qui vont respirer un autre air, aucun d’entre eux ne va le crier sur les toits. On apprend juste que tel ou tel acteur ou personnalité est parti en Belgique ou Londres ces jours-ci, jamais bien sûr pour des raisons fiscales - sûrement pour le climat. L’accélération des départs est très prononcée, indique un fiscaliste du cabinet français Francis Lefebvre, d’ordinaire très prudent et modéré. Mardi soir, des conseillers de Matignon ont reçu à dîner une dizaine d’avocats spécialisés, qui ont tous tenu le même discours.

Et la déclaration du patronat dans la nuit de mardi à mercredi va dans ce sens ?

Déclaration de douze organisations, du Medef à l’Afep des grands groupes, à Croissance Plus, etc. – sauf la CGPME - déclaration qui demande le retrait de la réforme des plus-values, et ne veut pas d’une usine à gaz. On peut ironiser sur ce patronat qui court après les Pigeons. Mais je vais vous dire : il y a une signature l’on n’a jamais vue sur une pétition, celle des Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens ; ce sont des dirigeants de PME, beaucoup en régions.

Le mouvement, si mouvement il y a, est-il important ?

Il y a ! Pour le reste, impossible de savoir : quelques centaines, milliers de cas ? Plus que telle ou telle mesure, c’est l’ensemble formé par la taxe à 75%, l’ISF avec un bouclier moins favorable qu’avant, la taxation des dividendes, plus les plus-values, qui créé un climat. Un climat c’est un climat pas toujours une réalité, mais il est là.

Pour finir, une information sur un tout autre sujet : l’échec de la fusion EADS-BAE pour constituer un leader mondial de l’aéronautique et de la défense.

Un échec regrettable pour l’Europe, annoncé hier à 14 heures. En réalité, C’est Angela Merkel qui a appelé François Hollande dès mardi, à 9 heures, pour lui annoncer son « nein » - sans explication. En fait, Berlin avait peur d’être dilué dans un grand ensemble. Mais après son arrêt en solo du nucléaire il y a un an, l’Allemagne refuse une seconde fois une stratégie industrielle européenne.

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