Il reste pile 40 jours avant le 1er tour de la primaire et cela risque d’ici là d’être la traversée du désert pour l’économie...

Tous les jours, il y a des polémiques de moins en moins à fleurets mouchetés et de plus en plus à la mitrailleuse lourde, sur l’identité heureuse ou malheureuse, la sécurité par référendum ou sans référendum. Mais l’économie fait pschitt. Par devoir, Juppé, Sarkozy, Fillon Le Maire et les autres ont détaillé leurs propositions, mais cela ne semble intéresser personne, eux peut-être pas plus les autres. Comme si au fond pour eux aussi l’économie et le social étaient un pensum, où il n’y a que des coups à prendre. Thomas Legrand dira subtilement que leurs projets sont proches et que c’est après la primaire, dans le combat avec un candidat mystère de la gauche et le Front National que le vrai débat s’ouvrira sur l’économie. Il a raison. Mais cette discrétion est symptomatique de deux choses.

Oui, de quoi ?

Ce qui frappe, c’est le classicisme des projets.. Retraite à 64 ou 65 ans, 300.000 fonctionnaires en moins au minimum, temps de travail à 37 ou 39 heures, impôts à la baisse : ce sont là tous les débats publics depuis vingt ans. Quelqu’un, hier, disait très justement : la droite fait une campagne de remords, tout ce qu’elle n’a pas fait depuis 1995, elle le veut maintenant. Elle a raison de dire que les réformes homéopathiques, cela suffit et que le niveau inouï du chômage comme le fait que la France enregistre pour la 3ème année consécutive une croissance inférieure à celle de la zone euro, tout cela appelle à agir fort. Mais c’est étrange de faire l’impasse sur le monde qui change, les interrogations nouvelles sur la mondialisation, l’avenir de l’Europe, la digitalisation de l’économie, dont elle ne parle pas ou peu.

Et second point ?

La discrétion s’explique peut-être aussi parce que chacun a un angle mort en économie. Nicolas Sarkozy promet de faire ce qu’il n’a pas fait ; François Fillon promet de faire ce dont il n’a même pas osé parler à Sarkozy ; Alain Juppé ne promet rien sinon que cela va être dur mais avec le sourire ; Bruno Le Maire promet tout sur 1.100 pages dont on ne sait pas s’il les a lues. Mais tous, ils ont le courage de ne pas promettre la lune et une formidable chance : il sera difficile de faire pire que ce quinquennat.

L'équipe

Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.