Avec PSA à son tour atteint par le scandale sur le diesel, ce carburant a-t-il encore un avenir ?

La mise en cause du constructeur français par la Répression des fraudes qui l’accuse de stratégie frauduleuse -ce que PSA dément- est un clou supplémentaire enfoncé dans le cercueil du diesel. Ce carburant n’est pas encore mort, mais sa part dans les ventes diminue de mois en mois (elle est passée sous les 50% au début de l’année). Volkswagen, Fiat, Renault et les autres ont chuté sur un problème ultra-complexe à résoudre mais facile à résumer : le diesel est un bon moteur pour réduire les émissions de CO2, mais limiter celles de particules fines NOx, d’oxyde d’azote, nécessite des équipements qui coûtent cher et pose des problèmes de puissance. PSA assume d’avoir mis au point un système pour minimiser les émissions de NOx en ville et de CO2 à la campagne, une sorte de compromis. La Répression des fraudes estime, elle, que le paramétrage des moteurs a libéré des émissions de NOx plus élevées. Mais un autre clou sera bientôt planté, quand on constatera que, dans le budget 2018, l’écart des prix entre le litre de gazole et d’essence va continuer à se réduire de quelques centimes pour que les deux soient bientôt identique. La force du coup de marteau dépendra de la décision sur les véhicules de société qui représentent la moitié des ventes – on l’oublie souvent.

Mais les constructeurs auto ont les moyens de résister.

Pour l’instant oui, Regardez le groupe Volkswagen : les clients sont toujours là malgré le scandale, le mensonge, et l’allemand est toujours sur le podium. Et surtout, l’automobile cherche à tourner la page avec la double promesse de la voiture électrique et de la voiture connectée, c’est-à-dire autonome. Chacun se demande quand il bénéficiera de ces deux révolutions. Alors à terme, bien sûr, le secteur automobile va être petit à petit touché par la conjonction de ces deux révolutions, quand vous pourrez commander par smartphone une voiture sans conducteur qui viendra au pied de chez vous pour vous emmener où vous voulez. A ce moment-là, plus besoin de posséder une voiture, elles seront en partage, comme le vivent déjà les plus jeunes … Ce sera vraiment différent ! Mais il faut encore au minimum une grosse dizaine d’années. D’ici là, le secteur automobile n’a qu’un moyen de préparer son avenir et de se racheter une vertu : être plus propre. Vraiment.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.