L’édito éco de Dominique Seux. Ce matin : le gouvernement qui défend ses premiers résultats de politique économique.

Il veut en cette rentrée démentir l’idée qui court que sa politique n’a pas produit de résultats jusqu’à maintenant. Vous savez, cette musique du « tout ça pour ça », beaucoup de réformes et pas grand-chose à l’arrivée. En prendre le contre-pied, c’est le sens de la communication faite hier sur la forte baisse des recours aux prud’hommes depuis la loi Macron de 2015 et les Ordonnances Pénicaud de 2017.

Si le gouvernement brandit ce trophée, c’est pour convaincre les PME que la donne a changé et d’embaucher. Et cela semble marcher. Mais c’est aussi parce que le tableau économique ne brille pas de mille feux après quinze mois d’Emmanuel Macron à l’Elysée.

La déception la plus lourde concerne la croissance. Depuis janvier, elle est moitié moins forte que la moyenne des Vingt-sept européens. La fin 2017 avait certes été plus brillante. Mais on pouvait espérer faire mieux avec un Royaume- Uni tourmenté par le Brexit, une Italie qui inquiète et une Allemagne qui a politiquement flotté pendant plusieurs mois.

Il n’y a pas eu non de miracle sur le logement ou le commerce extérieur. C’est vrai, l’économie continue de créer des emplois et des CDI malgré la baisse du nombre de contrats aidés (+ 12.000 emplois publics ou privés au deuxième trimestre, vient de dire l’Insee), mais la France est toujours 25 ème sur 28 ème pour son niveau de chômage. Bref, le nouveau monde économique ressemble à l’ancien.

Donc, un bilan décevant ?

Il y a deux lectures possibles, et la première est celle de l’entre-deux. Au bout d’un an, le choc psychologique incontestablement positif créé par l’élection d’Emmanuel Macron (toutes les enquêtes montraient un haut moral), ce choc s’est estompé. Mais l’économie étant comme le thé, ayant besoin d’infuser, il est trop tôt pour savourer les résultats des réformes, notamment la défiscalisation du capital. Nous serions dans l’entre-deux, mais tout ce qui a été fait va payer en 2019 ou 2020.

La seconde lecture, moins favorable, est que le gouvernement s'est trompé de politique, il a brouillé l’impression positive initiale en créant du flou sur le pouvoir d’achat des retraités (la CSG) et des salariés (en étalant ses coups de pouce). Et que ses réformes, paradoxalement, sont trop timides ou mal orientées. 

Quelle est la bonne lecture ? La bienveillance conduit à privilégier la première. Pour l'instant.

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  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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