Sujet du jour, les finances publiques. Un grand classique. Mais là, pas le budget de l'Etat. non, vous nous parlez ce matin de l'assurance maladie, de ses deficits et de la dette sociale.

Oui. La dette sociale est une bombinette à quelques milliards d'euros. Un casse-tête, un de plus, pour Bercy, Matignon et l’Elysée, et il alimente les cogitations actuelles sur un relèvement de la CSG. Car oui, les retraites ne sont peut-être pas le pire cauchemar lié au financement de notre modèle social. Pour la branche retraites, même, la réforme de 2010 permet d’y voir assez clair pour cette décennie : les deficits sont amortis ; le fonds de réserve des retraites verse chaque année les sommes nécessaires à la caisse d’amortissement de la dette sociale, la Cades. Mais c'est donc plus compliqué pour l’assurance maladie et la branche famille, dont les déficits vont dépasser 10 milliards d’euros cette année et qui seront encore dans le rouge en 2014. Première solution : financer cette dette sur les marchés, via des emprunts de court terme. Mais il y a un risque. La Secu se trouverait fort dépourvue si une forte bise survenait sur les dettes souveraines, par exemple. Et donc l’alternative serait de transférer de nouvelles dettes à la Cades en 2014. Mais pour ce faire, la loi impose de fait d’apporter des recettes nouvelles à cette Caisse…

Et c’est là qu’interviendrait la CSG que vous nous évoquiez?

Oui, et c’est là aussi que ce sujet de technocrates, est-on tenté de dire, pourrait revenir toucher chacun d'entre nous très vite au portefeuille, via le bulletin de salaire. La hausse de la contribution sociale généralisée, Les Echos l'ont redit la semaine passée, est la piste privilégiée pour financer les retraites. Meme si des alternatives sont envisagées, comme sur la fiscalite des entreprises un relèvement de la taxe sur les dividendes lui aussi à hauts risques.

L’Etat cherche 7 milliards à l’horizon 2020. Avec 0.2 à 0.3 point de CSG, cela passerait. Mais certains – à partir du moment où il faudra de toute façon annoncer une mauvaise nouvelle sur le front de la CSG, pensent à un paquet englobant aussi une enveloppe « dette sociale » pour donc financer la Cades et les deficits de l'assurance maladie. Et dans ce cas, la CSG pourrait augmenter de 0.5 point.

est-ce qu'il y a une raison particulière pour que ce sujet arrive au milieu de l’été en haut de la pile des dossiers économiques chauds ?

Non, hormis le syndrôme de la patate chaude qui marque si souvent notre gestion des dépenses publiques. Ce problème de la dette sociale traine tant que dès 1996 Alain Juppé avait créé la Cades et de la CRDS, censée s’éteindre lorsque la dette aura été amortie. Autant dire jamais, au train où vont les choses selon notre spécialiste des finances publiques, Etienne Lefebvre.

Car en même pas 20 ans, ce sont 216 milliards d’euros de déficits accumulés par la Sécurité sociale qui ont été transférés à la Cades ; il en reste 130 milliards à amortir. Le premier remède ? Ce serait de s’astreindre à voter chaque année un budget de la Sécurité sociale au moins à l’équilibre. C'est un cheval de bataille de la Cour des comptes. Il en fut un temps question sous Nicolas Sarkozy au temps du projet de la fameuse « Regle d'or » budgetaire. On sait ce qu’il en était advenu. Et sous François Hollande, quand on parle de règle d’or, c’est en version européenne, sans englober les régimes sociaux. Et c’est ainsi que la France s’accommode d’un déficit de la Securité sociale d’environ 20 milliards d’euros par an. Solder la facture ? C’est toujours pour plus tard, pour ne pas dire les générations futures. Vous reprendrez bien un peu de patate chaude ?

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