Même les meilleurs peuvent parfois connaître des déconvenues. C’est ce qui en train d’arriver à l’Allemagne. Longtemps donnée en exemple pour sa flexibilité et sa compétitivité, l’économie de notre voisin est en train de caler : en juin, les exportations ont chuté de 8 % et la production industrielle a reculé de 4 %...

Quartier d'affaires de Francfort en Allemagne
Quartier d'affaires de Francfort en Allemagne © Getty / picture alliance / Contributeur

Les économistes n’hésitent plus à parler de récession cette année. Il faut dire que le modèle économique allemand est attaqué de plein fouet aujourd’hui.

Pourquoi l’économie allemande est-elle si affaiblie ?

Parce que la richesse de l’Allemagne est d’abord basée sur sa formidable puissance exportatrice et sur la force de son industrie. Qu’on en prenne conscience : les deux secteurs allemands les plus importants, l’automobile et les machines-outils, représentaient l’an passé 430 milliards d’euros d’exportations. C’est presque autant que toutes les exportations françaises. Or, dans un monde où les tensions protectionnistes montent avec l’arrivée au pouvoir des populistes, parier sur la demande des autres devient risqué. Les Allemands pourraient bien faire les frais du Brexit et de la guerre commerciale déclarée par Donald Trump. 

L’autre problème, c’est que la Chine, premier partenaire commercial de notre voisin est en train de devenir son premier concurrent. Enfin, les industries d’excellence allemandes sont vieillissantes. L’automobile par exemple va devoir considérablement changer dans les prochaines années pour rester dans la course.   

Assistons-nous à la fin du modèle allemand ?

Probablement en partie, mais nos voisins ont plusieurs atouts dans leur jeu. Les Allemands ont d’ailleurs pleinement pris la mesure des défis qui les attendent. Il ne faut pas sous-estimer la capacité du pays à rebondir car il en a les moyens. Le chômage touche à peine 3 % de la population active. C’est presque trois fois moins qu’en France. Et surtout, les comptes publics allemands sont largement excédentaires. Le pays peut donc relancer son économie, soit par des investissements massifs, soit par un grand plan de baisse d’impôts pour les entreprises. Pour l’instant, les politiques allemands, toujours obnubilés par la réduction de la dette publique, refusent de le faire mais il va bien falloir qu’ils y viennent.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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