La France va annoncer aujourd’hui qu’elle a franchi un pas important dans la guerre des supercalculateurs.

Cela a l’air loin des sujets économiques et politiques du moment – mais pas du tout. Vous savez que l’étape numérique qui arrive, qui est en cours, c’est l’utilisation gigantesque des données – ce qu’on appelle le Big Data. C’est utile pour les GPS, la météo, les assureurs, la médecine, etc. Or, pour cela il faut des ordinateurs qui calculent de plus en plus vite. Eh bien, sera présenté aujourd’hui à Paris un supercalculateur d’une puissance de un pétaflop. Un pétaflop (c’est joli), il est capable de réaliser un million de milliards d’opérations par seconde. Les Chinois vont encore plus vite, mais on nous dit que le calculateur français sera le plus (je cite) dense et économe en énergie au monde. L’objectif : en 2020, l’exaflop, mille fois plus vite. Le Graal, l'extase des ingénieurs !

A quoi cela sert-il ?

Je vous donne un exemple que connaît Marie-Pierre Planchon, notre spécialiste météo. Entre le premier supercalculateur acheté par Météo France il y a vingt-cinq ans et le dernier, la puissance de calcul a été multipliée par 500.000. Le résultat, c’est qu’on gagne un jour de prévision tous les dix ans. Concrètement, les prévisions à quatre jours sont aussi fiables que les prévisions à trois jours il y a dix ans. Cela n’a l’air de rien, mais dans tous les domaines, c’est formidablement utile. On commence à mettre en commun des données de santé de millions de gens pour en tirer des enseignements pour mieux soigner.

Et il y a un marché pour ces machines ?

Il se vend plus de 100.000 supercalculateurs par an dans le monde, et le prix chute très vite. Bientôt, beaucoup de PME en voudront. Mais il n’y a que quatre pays dans le monde qui en ont la technologie. Les Américains sont les champions (IBM, Dell, Cray), les Japonais, puis la Chine et la France.

Et vous avez gardé le meilleur pour la fin…

Exactement. Le meilleur, c’est que l’ordinateur français dont je parle est développé par Bull. Bull, revenu du royaume d'entre les morts, racheté par Atos. Le patron d'Atos, Thierry Breton, explique qu’il y aura d’ici peu autant de données numériques exploitables dans le monde que de grains de sable sur terre. Avec de la chance, on trouvera peut-être dans ce tas de sable les données qui permettront de baisser le chômage.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.