Vous commentez la passe d’arme entre Benoît Hamon et Pierre Gattaz, le président du Medef...

Des échanges musclés dont l’enjeu est le suivant. Le représentant des entreprises a mis au même niveau de ses critiques Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon – ce que Benoît Hamon a jugé insupportable et insultant, le candidat socialiste refuse d’être mis dans le même sac que la candidate du Front National. C’est chez nos confrères du Parisien dimanche que Pierre Gattaz a lancé sa charge, c’était même le titre de l’interview : voter Mélenchon, Le Pen, Hamon, c’est ruine, désespoir et désolation. Le patron des patrons explique que le projet Hamon est destructeur pour l’économie, notamment parce qu’il s’appuie sur l’hypothèse (je cite) farfelue de la fin du travail. Réponse furibarde de Benoît Hamon par courrier hier : vous m’insultez et vous insultez la gauche transformatrice qui a apporté à la France les droits démocratiques et sociaux en la renvoyant dos-à-dos avec le FN antirépublicain héritier de la Collaboration. Conclusion de Hamon : votre monde s’éteint. Il est triste et sinistre. Et je peux vous dire que cela ne va pas s’arrêter là : Gattaz va lui répondre aujourd’hui.

Qui a raison ?

Pierre Gattaz commet une erreur en mettant tous les candidats sur la même ligne de départ. Le représentant des entreprises peut s’inquiéter, c’est son droit, des conséquences des projets économiques des uns et des autres, par exemple des louches de dépenses publiques supplémentaires. Il est sans doute très énervé quand Benoît Hamon dit, comme dans Les Echos ce matin que ce qui a échoué en 1981 peut réussir demain. Mais du point de vue de l’économie, il y a une différence entre deux candidats, Le Pen et Mélenchon, qui envisagent sérieusement de quitter l’Union européenne, et un autre, celui du PS, dont c’est l’histoire passée et à venir même s’il veut la changer. Impossible de les mettre sur le même pied. Maintenant, d’un autre point de vue que l’économie, la comparaison entre le candidat insoumis et celle du FN ne tient pas non plus : l’autoritarisme vertical de Marine Le Pen n’a rien à voir avec la démocratie participative dont parle Jean-Luc Mélenchon et ce qu’ils disent sur l’Etranger (avec un grand E) est aussi le jour et la nuit. Ce jeu des parallèles approximatifs est donc une faute.

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