La privatisation d’Aéroports de Paris a donc été votée hier par le Parlement.

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ADP © Getty / Fabian Krause / EyeEm

Oui, cette privatisation est du coup désormais juridiquement possible, ce qui ne veut pas dire qu’elle le sera politiquement en tous cas à court terme. 

A ce micro, on a déjà émis récemment un doute sur le bien-fondé financier de cette opération qui consisterait à céder pour 10 milliards d’euros la part que l'Etat a aujourd'hui dans le capital d'ADP, un peu plus de 50%, ADP, propriétaire-exploitant de Charles-de-Gaulle, Roissy et le Bourget, un doute alors que l’Etat encaisse chaque année aujourd’hui des dividendes. 

On s’est aussi interrogé sur la capacité de l’Etat à bien négocier avec le groupe Vinci, s’il était choisi, groupe qui s’est révélé un redoutable négociateur sur les Autoroutes. 

Mais il y a quand même quelques éléments à rappeler. 

-Un : les aéroports parisiens sont-ils à ce point bien gérés qu’une question toute simple soit interdite : un acteur privé peut-il faire mieux ? Les 100 millions de passagers qui les empruntent chaque année sont-ils satisfaits, sur les services, la livraison des bagages, le respect des horaires, le passage des frontières ? Non. Roissy remonte dans les classements internationaux, mais c’est la route est longue. Quoi qu’on en pense, chacun peut constater que la qualité du réseau autoroutier change (pas en bien) quand on quitte la partie concédée. 

-Deux : Vinci gère aujourd’hui 12 aéroports en France, Lyon, Nantes, Rennes, Grenoble, Clermont-Ferrand, Toulon, Poitiers etc., 12 aéroports qui ont vu passer vingt millions de passagers sur les douze derniers mois, avec un dynamisme spectaculaire. De la part de tous ceux qui montent actuellement sur leurs grands chevaux, il y a un léger -comment dire- mépris à considérer que le privé c’est bon pour la province, mais pas pour Paris. 

Trois : Vinci, malgré tout (il ne sera pas le seul candidat), est un groupe français mondial de BTP et de services qui créé des emplois et de la valeur, notre pays n’en compte pas tant que cela, n'en compte plus tant que cela, on le regrette souvent je crois. Les Britanniques viennent de lui confier le second aéroport de Londres, Gatwick. 

Votre conclusion ? C’est qu’il nécessaire que les opérateurs privés, Vinci et les autres, qui pensent pouvoir mieux s’occuper des aéroports qu’ADP aujourd’hui, que ceux-là disent concrètement comment, pourquoi, avec quelles idées et quels moyens. Qu’ils fassent entendre leurs arguments dans ce débat – et on verra s’ils sont convaincants. Ils prévoyaient jusqu'à maintenant de le faire dans le huis-clos d’un dossier de candidature à la privatisation, eh bien leur dernière chance est désormais de le faire devant le pays.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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