D’ici quelques jours, ce sera la fin de la discussion du Budget au Parlement. C’est donc l’heure des comptes.

Des comptes intéressants si on regarde ce qui se passe en matière fiscale dans le Budget 2013. Et plus intéressants encore si on regarde ce qui s’est passé, sur les impôts, depuis l’arrivée de François Hollande à l’Elysée. Pari difficile : on va essayer de le faire sans se noyer sous les chiffres ! En sept mois, il y a eu un collectif d’été, un budget de l’Etat, un Budget de la sécurité sociale et, enfin, un collectif de fin d’année, celui qui prévoit le fameux super crédit d’impôt pour les entreprises. Premier bilan : il y a eu des hausses d’impôt à hauteur de 31 milliards d’euros, et une baisse à hauteur de 20 milliards, le crédit d’impôt. Cela fait un mouvement fiscal d’au moins 50 milliards, ce qui n’était jamais arrivé. Premier enseignement.

Et si on regarde le détail ?

Commençons par les ménages. Ce sont les grands perdants de la période. A l’évidence. Entre la fin de la défiscalisation des heures supplémentaires, la TVA, les taxes sur la bière et le tabac, la CSG sur les revenus du patrimoine, le gel du barème de l’impôt sur le revenu, on atteint 20 milliards. Une grande partie concerne les plus aisés, mais pas seulement eux.

Qu’en est-il du côté des entreprises ?

C’est là qu’il y a une surprise qui va peut-être faire tourner le lait dans la tasse à café de ceux de nos auditeurs qui se sentent proches du Front de gauche - par exemple. Pour les entreprises, le début de ce quinquennat est à peu près neutre en tous cas si on regarde les annonces. Il y a des hausses de prélèvements, beaucoup, mais il y a aussi la décision prise début novembre pour diminuer les coûts de production. Cela s’équilibre à peu près. En tout cas, ce n’est pas ce que François Hollande avait en tête en entrant à l’Elysée et sans doute pas ce que l’opinion avait et compris.

Donc, pour les entreprises, c’est jackpot et champagne ?

Pas du tout ! Le champagne peut être laissé au frigo. Parce que les patrons de PME, d’entreprises, savent compter : des impôts en plus, des impôts en moins qui s’équilibrent, on est revenu au point d’arrivée. Dans les comptes des entreprises, (-1) + (+1) = 0. Pas besoin d’avoir fait Polytechnique pour le voir. Ou pour voir que les cotisations patronales restent deux fois plus élevées qu’en Allemagne dès que le salaire augmente. Ou, enfin, pour constater que les relèvements, c’est maintenant, et les allégements, c’est sur trois ans.

Oui, enfin, les entreprises s’en tirent mieux que les ménages…

Il faut savoir ce que l’on veut. Cette révolution copernicienne, comme l’a définie Pierre Moscovici, le ministre des Finances, c’est la gauche et la droite avant elle qui se rendent compte que le piège mortel de l’économie, c’est l’affaiblissement continu des résultats des entreprises, de leur taux de marge au plus bas depuis vingt-cinq ans. Copernic avait découvert que la Terre tournait autour du Soleil et non l’inverse. La France découvre douloureusement que l’économie tourne autour de la production.

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