de passage à bangui, françois hollande rend hommage aux deux soldats tués
de passage à bangui, françois hollande rend hommage aux deux soldats tués © reuters
**Ce matin, vous écrivez une lettre - ou plutôt un mail - à François Hollande.** C’est la façon la plus efficace de s’adresser à lui parce qu’à l’heure où nous sommes assis dans ce studio, Patrick, André Manoukian, il ne peut pas écouter France Inter. Il est dans l’avion qui le mène au Brésil. Mais un mail peut lui parvenir. Et c’est au fond plus simple de lui parler ainsi ce matin – même si c’est une première pour moi aussi. **Donc, voilà le mail qui commence bien sûr par : Monsieur le président.** Monsieur le président, les Français assistent à quelque chose d’étrange vous concernant. Ils voient en vous, depuis quelques mois, un homme qui, dès qu’il s’agit des questions étrangères, est décidé, sait ce qu’il veut, et agit en conséquence. Dont la main, au fond, ne tremble pas. Mais un homme qui, dès qu’il s’agit de la politique intérieure, paraît désorienté, incertain. Le mot est cruel mais on l’entend : dur à l’extérieur, mou à l’intérieur. Par extérieur, on ne pense pas seulement au Mali, à la Centrafrique, à la Syrie, à l’Iran. On pense aussi à l’économie. Vous avez poussé votre équipe à être ferme dans la négociation sur les travailleurs détachés à Bruxelles, cela lui a réussi. La France pousse les feux pour imposer à l’Allemagne l’Union bancaire, et cette vraie révolution politique européenne arrive. Bref, vous savez ce que vous voulez. Oui, il y a un hollandisme extérieur. **Mais quel contraste, monsieur le président avec les affaires intérieures !** Interrogé samedi par nos confrères de France France 24 et RFI sur ce grand écart, vous l’avez nié. « Je ne cesse de décider, sur la compétitivité, sur les finances publiques », leur avez-vous dit. Respectueusement, on a envie de vous faire remarquer qu’il faut un GPS pour s’y retrouver. Sur la fiscalité, vous avez promis la pause. On ne cesse de parler de nouveaux impôts – même minuscules, ils frappent l’esprit, comme l’aquataxe ou taxe inondation votée cette semaine. Et le 1er janvier, la TVA augmentera. En attendant la réforme fiscale qui va rebattre toutes les cartes mais créé du stress à chaque annonce, comme ce matin le débat ouvert par votre porte-parole sur l’imposition des couples. Vous aviez promis que votre politique rassemblerait les Français. Mais chaque semaine fait surgir son lot de mécontents : depuis lundi, les professions libérales, les classes prépa et les cheminots. La reprise est plus discrète que prévu et on a l’impression que vous n’avez plus rien dans votre besace pour l’amplifier. **J’interromps votre exercice d’écriture … que demandez-vous précisément au président ?** Si j’étais plus qu’un simple commentateur, monsieur le président, je vous demanderais d’arrêter de couper la queue du chat par petits morceaux. Allez-y ! Dites-nous comment peut et doit évoluer notre modèle social. Lisez le dernier rapport de l’institut Terra Nova, proche de vous, qui vous supplie de réformer l’Etat. Lancez des projets sur l’éducation, tracez un cap pour redonner confiance, reprenez la main, tournez la page du principe de précaution général ! Bref, soyez aussi fort dedans que dehors. En 2014, tout recommence, les jours rallongent, tout est donc possible. Veuillez agréer, etc etc. ## Les liens [Le blog de Dominique Seux](http://blogs.lesechos.fr/dominique-seux/dominique-seux-r59.html)
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