Hier, c’était le quinzième anniversaire de l’entrée de la Chine dans l’Organisation mondiale du commerce.

Oui, c’était le 11 décembre 2001, on mesure combien la planète économique a changé depuis cette date. Et la question est : est-ce que cela a été définitivement une mauvaise opération pour les Occidentaux, avec une Chine qui a détruit nos emplois et nos industries ? La réponse est que sans cet accord d’il y a 15 ans, la Chine aurait sans doute connu une ascension époustouflante, mais elle a été sûrement facilitée. Les consommateurs occidentaux y ont gagné, avec des prix plus bas sur une quantité incroyable de produits, les travailleurs chinois y ont gagné une élévation de leur niveau de vie, mais les producteurs américains et européens -les emplois- y ont perdu. Le problème est que le deal initial n’a pas été respecté. Pékin n’a pas ouvert ses marchés, n’a pas libéralisé, a maintenu des barrières. En chinois je ne sais pas, mais en français on dit : pile je gagne, face tu perds. Un exemple parmi 100 : des chinois rachètent le Club Med, mais les Français doivent la plupart du temps trouver des partenaires pour s’installer en Chine. C’est la raison pour laquelle les Occidentaux refusent d’ouvrir davantage -comme c’était prévu- leurs marchés.

Pourquoi l’Ouest s’est-il fait « avoir » ?

D’abord, face à un pays et à un marché de 1,3 milliard d’habitants, difficile de résister. Ensuite, les dirigeants politiques, partout, sont plus proches des grandes entreprises qui ont gagné à cette ouverture que des entreprises plus fragiles. Enfin, parce que dans chaque pays, Etats-Unis, Europe, les gouvernements se sont davantage intéressés au pouvoir d’achat des consommateurs qu’aux emplois des producteurs. Il y a plus de consommateurs, notamment des retraités qui votent, que de producteurs.

Aujourd’hui, des tensions sont probables avec la Chine...

Donald Trump rêve peut-être de constituer un front occidental (y compris la Russie) pour freiner la Chine -alors qu’Obama organisait un condominium Washington-Pékin sur le monde -on l’avait vu sur le climat. C’est une révolution, au sens physique. Un peu de pression sur Pékin est utile, mais le risque est qu’entre le nationaliste Xi Jinping et un imprévisible et combatif Donald Trump qui ne croit plus au multilatéral, les étincelles se multiplient. Cela va au-delà du commerce qui a toujours facilité la paix.

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