Le Sommet Climat d’aujourd’hui peut-il accoucher de résultats tangibles ?

On sait que le scepticisme est la règle après chaque déclaration ou engagement des Etats ou du secteur privé. Tout paraît insuffisant face à des prévisions des scientifiques qui font froid (si on peut dire) dans le dos. Et c'est vrai. Donc, ce scepticisme, on l’entendra encore ce soir. Et pourtant, oui, il y aura du tangible. Car l’intérêt rencontré par l’initiative d’Emmanuel Macron montre le chemin parcouru depuis la COP21 de 2015. Le fait même que la plupart des acteurs politiques et économiques se savent obligés de faire des annonces est déjà positif. Impossible désormais de faire autrement. 

Au-delà des milliards qui valsent de tous côtés, la nouveauté, ce sont des projets concrets, ainsi ceux (tardifs) d’EDF dans le solaire annoncés hier. Plus fondamentalement, le sommet veut montrer à l'Amérique de Trump qu'elle est seule. Il renverse la charge de la preuve. Il n’y a plus seulement les bons élèves qui sont en avance. Il y a les mauvais que l’on montre maintenant du doigt, Etats ou entreprises. Dans ce renversement, la société civile va jouer un rôle majeur. Ainsi, le WWF note désormais les entreprises : leur action est-elle compatible (ou pas) avec la limite de 2° de réchauffement. Une liste de celle, en France, qui sont dans les clous, est publiée. C’est ce que l’on appelle le name and shame, montrer et dénoncer. Au total, bien sûr, il y a des trous béants dans la raquette : les investissements restent insuffisants et la fixation d’un prix du carbone reste à faire. Mais ce rendez-vous est utile.

Et quid des engagements de la France ?

C’est une session de rattrapage pour le gouvernement, qui n’a pas convaincu qu’il fait du vert une priorité. En réalité, à tort. Car si on additionne, que voit-on ? La fin programmée de l’exploitation des hydrocarbures et du charbon, le renoncement à toute nouvelle centrale thermique, une hausse des prix des carburants à la pompe au 1er janvier de quatre à huit centimes le litre. Ce n’est pas rien. 

Mais il n’a pas créé d’effet waouh, avec un signal simple que chacun peut retenir, comme il l’a fait sur la fiscalité (la taxe d’habitation), l’éducation (les CP dédoublés) ou le travail (les prud’hommes). Il manque un signal incitatif et non punitif. Alors, pourquoi, me dites-vous ? Eh bien, parce que les caisses sont vides.

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