Vous revenez vous aussi sur le remaniement.

On l'a compris, aux yeux de l'opinion, ce remaniement restera peut-être comme un non-événement politique, des ministres inconnus arrivent, ils repartiront peut-être méconnus dans un an. Une remarque quand même : certains portefeuilles voient valser leur titulaire à une vitesse qui témoigne hélas de l'importance qui leur est donnée. La réforme de l’État en est à son quatrième titulaire en quatre ans, un record – depuis hier, c'est Jean-Vincent Placé. Cela étant dit, ce remaniement est aussi un non-événement économique et ça c'est plutôt rassurant qu'il n'y ait pas des embardées sur la ligne tous les quatre matins. La direction sociale-démocrate qui cherche désormais à remuscler l'appareil productif ne change pas, les ministres Sapin et Macron non plus. Les projets restent les mêmes, sur le Code du Travail par exemple. Le problème, c'est la lenteur extrême avec laquelle les réformes sont mises en place -alors qu'elles sont déjà bien plus taille basse que chez nos voisins. L'ouverture des magasins le dimanche a été évoquée pour la première fois en novembre 2014 et en février 2016 nous en parlons toujours. Le problème est aussi que François Hollande, hier à la télévision, donnait l'impression d'avoir brûlé toutes ses cartouches. Si on résume brutalement l'actualité depuis les attentats, il y a eu la déchéance de nationalité puis, hier, l'annonce d'un référendum sur l'aéroport Notre-Dame des Landes et la confirmation qu'il y aurait des référendums possibles dans les entreprises. C'est peu.

La question est de savoir s'il ne faudra pas surtout un remaniement de la politique économique.

Il faudra en tous cas une attention, une vigilance, fortes sur l'économie. Car le rythme sénatorial actuel, celui de la croissance comme celui des réformes, risque de se heurter à un mur, celui du retour -pas certain, mais possible- d'une crise financière. La Bourse de Paris a encore perdu 4 % hier, elle plonge depuis le début de l'année, et c'est bien d'un krach qu'on peut parler. Voilà maintenant, après la Chine, le pétrole etc. que c'est l'Italie qui inquiète et on sait bien que le jeu favori de l'économie, c'est le domino. Il est du coup tout à fait possible que, dans les mois qui viennent, l'agenda de François Hollande, se remplisse avec des G20, des conseils européens, des sommets de crise. Je vous garantis qu'on va vite oublier le remaniement.

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