Ce matin : climat-pollution, le grand paradoxe de l’automobile.

Des statistiques sont tombées vendredi qui incitent à une grande perplexité et à une petite réflexion. En 2017, pour la 1ère fois depuis 1995, il y a 22 ans, les émissions de CO2 émises par les voitures neuves vendues en France ont remonté. 111 grammes de CO2 par km, contre 110 l’année précédente. Cette remontée est un mauvais signal. Et dans la réalité sur la route, le mouvement est sûrement plus fort puisque la fiabilité des mesures en laboratoire est suspecte -on le sait. 

Que se passe-t-il ? C’est là que l’on touche au paradoxe. Les émissions de CO2 ont augmenté parce que les Français ont acheté plus de SUV mais surtout moins de véhicules diesel. Le diesel est devenu l’ennemi public numéro un à cause des particules fines mauvaises pour la santé, mais le diesel émet moins de CO2 que l'essence et réchauffe moins la planète, parce qu’il brûle moins de carburant. 

Qu’en conclure ? 

- Un : Qu’il faut faire attention à nos emballements médiatiques. 

- Deux : qu’il faut pousser les transports en commun et les véhicules hybrides ou électriques. En Norvège, les voitures thermiques sont tombées sous la barre des 50 % des ventes. Pas par hasard. Là-bas, les véhicules électriques empruntent les voies de bus et circulent gratuitement sur les autoroutes. Ils sont exemptés de la TVA de 25 % à l'achat. Ils ne payent pas de droits de douanes aux frontières. Bref, leur prix n’est pas prohibitif. 

Le but n’est pas d’interdire la voiture mais de la changer.

Cette information suscite une autre réflexion

Sur le manque d’écho des données sur le climat. On vient d’évoquer les voitures. Il y a d'autres exemples. Ainsi, le 22 janvier, le ministère de la Transition écologique a publié le bilan des émissions des gaz à effet de serre de la France (transports, bâtiment, agriculture etc.). Ce bilan n’a pas déclenché de tsunami politique et médiatique. Pourtant, il montrait lui aussi une hausse des émissions globales de CO2 et le fait que les engagements pris ne sont pas tenus. Mais comme il s’agissait de … 2016, ce sont surtout les spécialistes qui ont tilté. 

Au total, il y a tous les jours des données récentes et précises sur la croissance, les impôts, le social, mais sur le climat c’est trop tardif, et trop peu visible.

    

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