L’opérateur téléphonique SFR a décidé hier de rendre gratuits, pour ses clients, les appels de leur téléphone fixe (le plus souvent une «box») vers les portables.

Je prie les auditeurs de croire qu’il ne s’agit pas de faire de la publicité pour tel ou tel opérateur ! Ce qui se passe dans le secteur ne concerne pas une seule marque mais est plus large. Si on résume en une phrase : les semaines à venir ouvriront une période très favorable pour les clients que nous sommes -mais la parenthèse se refermera peut-être.

Que se passe-t-il ? Quatre éléments (événements) affectent le marché.

Le premier est donc que Free continue de bousculer le jeu de quilles. C’est lui qui a tiré le premier en décembre avec l’inclusion dans son forfait des appels de sa nouvelle box vers les mobiles. SFR suit. Orange hésite mais n’aura pas le choix.

Le deuxième événement est la hausse de la TVA sur les forfaits triple play (Internet – téléphone – TV) -tous en fait. Elle renchérit les forfaits de quelques euros, cassant de fait (vers le haut) le verrou du fameux 29,99 euros par mois. Mais du même coup, les opérateurs sont obligés de rajouter des services.

Et les deux autres événements ?

L’un est juridique, l’autre technique. La hausse de la TVA sur les box a eu un effet inattendu : elle provoque une rupture de contrat entre l’opérateur et son client, qui va pouvoir du coup –à partir du 1er février- changer d’opérateur jusqu’à la fin mai, sans pénalité même s’il est engagé. Au passage, c’est valable aussi pour les téléphones mobiles et le portable (cerise sur le gâteau) pourra être gardé ou alors vous bénéficierez d’une confortable subvention chez le nouvel élu. Dernier élément, il faut savoir que le gendarme des télécoms a imposé, pour les communications vers les mobiles, une baisse des tarifs de ce qu’on appelle les interconnexions entre opérateurs. Bref, quand la minute leur coûtait autrefois 35 centimes, c’est trois centimes aujourd’hui. Ça, c’est le paysage général, effectivement intéressant pour les clients.

Mais au final, dans quel sens cela joue-t-il ?

A court terme, dans le bon sens. Grâce à cette conjonction astrale inespérée, les clients vont pouvoir négocier les tarifs et le contenu des services. A moyen terme, la question est ouverte. Free, qui doit financer son propre réseau de téléphonie mobile, va-t-il s’embourgeoiser, comme l’espère un concurrent ? En clair, rentrer dans le rang et remonter peu à peu ses tarifs. Désormais, les forfaits tous compris, partout, s’affichent à 33, 34 ou 38 euros. A ce prix, vous téléphonez certes plus longtemps, mais en avez-vous vraiment besoin ? Vaste sujet. Détail essentiel : quoi qu’il en soit, les opérateurs ne vont pas mettre la clé sous la porte. Leur taux de marge serait proche de 35%.

Attention, nuance le spécialiste des Télécoms aux Echos , Guillaume de Calignon, ces taux sont donnés avant investissements, ce qui est un élément clé. Quelle est la prochaine étape après la gratuité du fixe vers les mobiles ? Toujours plus d’intégration de toutes les liaisons de tous les appareils de télécoms. Davantage, aussi, de complexité des tarifs qui n’auront bientôt plus rien à envier à ceux de la SNCF. Il y a en tous cas un point sur lequel un progrès pourrait être facilement fait : l’intégration des factures fixe et mobile pour simplifier l’ensemble !

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