Le Conseil d’orientation pour l’emploi publie ce matin une étude qui évalue le nombre d’emplois menacés par la révolution digitale et robotique.

Cette question est sujette à énormément de craintes et parfois aussi de fantasmes, en France, mais en fait dans le monde entier. Il y a trois ans, une étude d’Oxford avait conclu que presque un emploi sur deux serait menacé, évidemment c’était affolant. Depuis, les choses s’affinent et il y a six mois l’OCDE a parlé de 9% des emplois en danger. L’étude du COE, un organisme qui dépend de Matignon, évoque une proportion de moins de 10%, un emploi sur dix. Ce n’est pas forcément rassurant, cela fait un million et demi d’emplois, mais cela relativise quand même. Alors de quoi parle-t-on ? Des effets de l’arrivée massive des robots dans les usines, de l’intelligence artificielle, de l’Internet des objets, du numérique en général et peut-être demain des camions sans chauffeur. L’analyse est à la fois fine et intuitive en même temps. Ce sont les postes d’agents d’entretien qui sont les plus menacés : un sur cinq. Puis les ouvriers qualifiés qui ont des tâches répétitives, les manutentionnaires, certaines aides à domicile mais aussi bizarrement les cuisiniers etc. Donc, l’hypothèse d’une destruction massive d’emplois n’est pas avérée. Ce sont des tâches qui sont menacées, pas des métiers. A chaque révolution industrielle, des craintes se manifestent. C’est cette crainte qui est un des points de départ du débat sur le revenu universel. Je conseille la lecture de cette étude sur le site du Conseil d’orientation pour l’emploi.

Il y a néanmoins deux bémols à apporter à ce chiffre de 10% des emplois menacés.

Exactement. Premier bémol, qui est rassurant : il y aura des destructions d’emplois, mais il y a et aura des créations d’emplois avec la robotisation et le numérique –on dit digital aujourd’hui, c’est plus chic. Second bémol, le COE pense que la moitié des emplois, cette fois, vont devoir évoluer, changer, se transformer, s’adapter à la nouvelle donne. Ceux qui nous écoutent le savent déjà, parce que c’est déjà le cas. Cela veut dire que la réponse est comme toujours l’emploi qualifié et une meilleure formation initiale et continue. Et c’est là que j’ai une impression curieuse : on n’a pas le sentiment que ces questions-là sont au cœur des campagnes de droite ou de gauche.

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