L’État hausse le ton dans l’affaire du lait contaminé de Lactalis.

Oui, c’est logique et en réalité il y a toutes les raisons d’attendre des sanctions et pas seulement des excuses s’il se confirme que des fautes ont été faites et que des négligences ont eu lieu. Certes, dans l’alimentaire comme ailleurs, le risque zéro et le zéro défaut n’existent pas, et il faudra du temps pour clarifier la chaîne de responsabilités dans cette infection à la salmonelle qui a conduit à hospitaliser 36 nourrissons. Certes, mais le profil de l’entreprise Lactalis, sa culture maladive du secret, de forteresse cadenassée à triple tour ne plaide pas en sa faveur. 

Lactalis a beau être un champion industriel mondial (et bravo pour cela), l’invisibilité de son dirigeant, Emmanuel Besnier, onzième fortune de France, en est l’illustration la plus patente. Comme l'absence de données économiques et financières. Comparaison n’est pas raison mais les responsables économiques ne sont pas les derniers à sommer les politiques d’agir avec responsabilité, d’assumer. Lesquels politiques sont mis en cause (à plus ou moins juste titre, c’est une autre affaire) matin midi et soir, 24 heures sur 24. 

Sous réserve d’inventaire, l’attitude de Lactalis est exactement ce qui n’est plus possible aujourd’hui : la non-communication au nom du vivons heureux, vivons cachés. Le consommateur, surtout de santé, veut savoir, comprendre, voir qui lui vend ce qu’il achète, il veut des interlocuteurs responsables et qui réagissent vite et de façon transparente en cas de crise. Quand un constructeur automobile a un problème mécanique sur un modèle, il rappelle l’ensemble du modèle dans le monde entier, il ne chipote pas. 

On ne sait pas si Lactalis va payer cher cette attitude, ce n’est même pas sûr dans la mesure où ses produits (le lait, les fromages) ne sont pas diffusés sous sa marque. Mais le groupe fait beaucoup pour ne pas se faire aimer. La communication et la responsabilité (mot utilisé pour la 5ème fois ici) ne doivent plus être aujourd'hui des plus pour se faire bien voir, cela doit être le minimum on allait dire syndical et cela ne se négocie pas.

En creux aussi, cette affaire dit quand même quelque chose

Elle donne de la valeur au travail fait chaque jour par des milliers d’entreprises et des centaines de milliers d’acteurs et de salariés pour produire, transporter, distribuer, avec d’énormes circuits et problèmes logistiques, des aliments sains et sûrs, respectant les normes et les chaînes de froid dans les dizaines de milliers de commerces de France. Oui, elle donne à tout cela de la valeur.

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