Les achats par carte bancaire des consommateurs français sont ont été supérieurs, en décembre 2020, de 4% à ceux de décembre 2019. La leçon est simple : dès que l'économie passe du mode pause au mode "on", elle redémarre vite. Le variant anglais et la vaccination se livrent une course de vitesse pour enclencher le "on

L'économie dans les starting blocks
L'économie dans les starting blocks © Getty / njekaterina

Après la réouverture des commerces, les achats ont bondi de 16% la semaine du 30 novembre, puis de 27% celle du 7 décembre, avant de se normaliser

Au total, sur l’ensemble de décembre, les achats 2020 ont été supérieurs de 4% à ceux de 2019. Cela se vérifie dans les rayons non alimentaires des supermarchés, dans les salons de coiffure, dans les magasins d’ameublement et même dans les magasins d’électronique alors que les ventes par Internet ont explosé.

La semaine dernière, on avait déjà eu un aperçu de cette résistance avec les librairies : en 2020, les ventes de livres en librairie ont reculé de seulement 3%.

Vous vous souvenez de la campagne de soutien aux libraires y compris dans les médias : soit cette campagne a été efficace, soit tout n’allait pas si mal ! 

Alors, avec tout çà, que veut-on dire ? 

Qu’il y a évidemment des inégalités, les consommateurs consomment mais c’est une moyenne, des Français ont des problèmes de pouvoir d’achat. Mais ce qui frappe, c’est la capacité de rebond de l’économie. 

On l’avait déjà constaté après le premier confinement, avec une croissance de 18% (!) au troisième trimestre, on pourrait le constater quand l’étau sanitaire se desserrera.

C’est comme si l’économie était sur le bouton « pause », et elle repartira dès que l'on se mettra sur "on". 

Bon, vous allez me dire : pourquoi parler de cela alors que ce qui est dans les esprits, c'est la crainte d’un 3ème confinement en semaine ou le week-end, ou d’un couvre-feu à 18 heures partout à cause du variant anglais et qui va peser sur l’économie ? 

Oui, pourquoi ?

Parce que cette capacité de rebond est un encouragement pour l’avenir et un encouragement surtout à accélérer l’accélération de la vaccination, seul moyen durable, après les mesures dont on vient de parler, (seul moyen) de lever la chape de plomb qui s’est abattue sur nous il y a dix mois. Le rebond sera-t-il possible en avril, en juin ou plus tard ? On ne sait. Mais plus de 2.300.000 Britanniques ont déjà reçu une première injection de vaccin et l’objectif annoncé hier est, chez eux, à  de 14 millions mi-février.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter