Le gouvernement a fixé ses grands choix budgétaires pour 2020. Le premier concerne les retraites : il n'y aura pas de tour de vis dès l'année prochaine.

Le Premier ministre Edouard Philippe
Le Premier ministre Edouard Philippe © AFP / Martin BUREAU

La mi-juillet est traditionnellement le moment où les arbitrages commencent à être rendus, avant la présentation détaillée du budget de l’Etat et de la sécurité sociale en septembre. La première décision d’Emmanuel Macron et d’Edouard Philippe concerne les retraites : il n’y aura aucun tour de vis l’année prochaine. 

Bercy poussait pour une mesure de ce type très vite (accélération de la hausse du nombre de trimestres nécessaires pour avoir une retraite à taux plein ou création d'"un âge-pivot autour de 63-64 ans), parce que les comptes se dégradent, mais politiquement, cela aurait été très mal perçu. 

A la fois parce qu’en 2017, le président n’en avait pas parlé, et parce que cela risquait de « gâcher » par avance la réforme systémique qu’il souhaite, le passage à une retraite par points. 

In fine, Jean-Paul Delevoye, le haut-commissaire ad hoc, présentera son projet général la semaine prochaine, il y aura plusieurs mois de débats, et la réforme elle-même attendra le printemps-été prochains. 

Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de curseur d’âge qui bougeront : mais pas avant 2021. 

Est-ce une sage décision ?

Oui, on avait déjà dit ici qu’un tour de vis tout de suite aurait été incompris et cela aurait torpillé la réforme à venir. Les retraites pèsent 300 milliards d’euros, on n’est pas à un an près. 

D’autres décisions, sur le budget de l’Etat et la fiscalité. ont été prises Et là aussi, c’est plutôt la prudence qui l’emporte dans la copie que prépare Gérald Darmanin. 

Prudence : le déficit public sera affiché à 2,1% du PIB, c’est moins que cette année, mais ce n’est pas très violent, la France aura l’un des ou le plus élevé d’Europe. 

Prudence : le nombre de fonctionnaires diminuera un peu, mais pas beaucoup. Sur le quinquennat, cela serait -15.000, et non plus les -50.000 annoncés en 2017. 

Prudence : sur les impôts, les entreprises passent un peu à la caisse, mais pas beaucoup non plus, leur taux d’impôt sur les bénéfices baisse un peu, mais moins que prévu. 

Bref, c’est un budget dont l’objectif est de ne pas torpiller par trop de polémiques la bonne nouvelle que le gouvernement va énormément marteler : l’allègement de 5 milliards d’euros de l’impôt sur le revenu dès janvier prochain – ce qui sera possible avec le prélèvement à la source sur les salaires. 

Du côté des dépenses, les vraies économies ont déjà été annoncées, elles concernent l’assurance-chômage et là c’est dès 2020. Edouard Philippe considère que ça suffit. 

Au total, dans tout cela, il n’y a rien de révolutionnaire, ce sont des décisions qui ne veulent pas chauffer à blanc de nouveaux gilets jaunes avant les municipales.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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