Vous vous intéressez ce matin, au nombre de fonctionnaires qui a baissé l’an dernier.

Un certain nombre d’auditeurs, en vous entendant, se disent certainement : on le sait déjà, que le nombre de fonctionnaires a diminué en France ! C’est le résultat du « un sur deux » de Nicolas Sarkozy - le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partis à la retraite. Eh bien non, ce que l’on savait est que le nombre de fonctionnaires de l’Etat a baissé en France ces dernières années. Mais jusqu’à présent, ces suppressions de postes étaient plus que compensées par des créations dans les hôpitaux et les collectivités locales. L’information nouvelle est que l’emploi dans ces hôpitaux et ces collectivités s’est stabilisé. Et que donc au total, le bilan serait un recul d’environ 20.000 postes l’an dernier pour l’ensemble des fonctions publiques, qui emploient cinq millions de personnes.

C’est un vrai tournant ?

Il ne faut pas abuser du mot, mais c’est un tournant historique. Depuis des dizaines d’années, le nombre de fonctionnaires augmentait de façon continue. D’où vient, là, l’information sur le tournant ? D’une petite note discrète de l’Acoss, la banque de la sécurité sociale, qui encaisse les cotisations. Elle indique que l’emploi hospitalier et dans les maisons de retraites n’aurait progressé que de 5.000 postes l’an dernier, et qu’il aurait grimpé de 6.000 dans les collectivités locales - avec une baisse dans les communes. Comme le recul a été de 32.000 dans l’Etat, le calcul est facile.

Qu’est-ce qui explique ce tournant ?

D’abord, il faut mesurer la rupture par rapport à la tendance. Entre 2000 et 2010, le nombre d’emplois a grimpé de 21% dans les hôpitaux et le secteur de l’action sociale, et de 34% dans les collectivités locales. Même expliqué en partie, dans ce cas, par des transferts de compétences et de personnels, cela reste considérable. En 2011, le coup de frein s’explique, dans les hôpitaux par la rigueur budgétaire ; dans les collectivités, par le gel des dotations de l’Etat et, peut-être, par la crainte de la crise financière et de la dette. Pendant des années, l’emploi territorial augmentait gaillardement, cela s’est arrêté.

Quelles conclusions peut-on tirer de ce coup de frein ?

Il y en a trois. Un : On mesure l’inertie (au sens physique) de l’Etat. Pendant cinq ans, Nicolas Sarkozy a tout fait pour tenir le « un sur deux ». A la fin des fins, le nombre total de fonctionnaires aura très peu reculé en 2011. Deux : chaque situation est différente. Les effectifs des hôpitaux n’ont aucune raison de baisser : il y a plus de soins, il y a plus de Français, il y a plus de personnes âgées ; dans les collectivités locales, il y a peut-être des services en plus, mais il y a surtout des structures, des entités, qui se chevauchent et se superposent. Trois : une chose est sûre ; que l’on pense du bien ou du mal de l’inflexion de 2011, elle restera une parenthèse puisque le nouveau pouvoir a promis des embauches d’ici 2017.

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