Après le partenariat Amazon-Monoprix, Carrefour va s’allier à Google pour vendre ses produits sur le numérique.

Oui cette fois, la bataille des courses du futur est vraiment lancée. Et elle rabat complètement les cartes. Avec des nouveaux acteurs, les géants de la tech, qui arrivent en force. Des nouveaux modes d’achats – via les assistants vocaux. Et des alliances qui devraient se multiplier. Car les grands distributeurs français n’ont pas le choix : ils doivent développer leurs ventes digitales sous peine de rapetisser et de disparaître. Et ils ne peuvent pas le faire tout seul. Les Gafa non plus.

Alors c’est le groupe Casino qui a tiré le premier, et qui a marqué les esprits en annonçant en mars un accord avec Amazon : l’américain accueillera une boutique Monoprix sur sa plate-forme internet à l’automne, et assurera les livraisons. Mais c’est un peu faire entrer le loup dans la bergerie, car Amazon est lui-même un distributeur qui s’étend partout, et les autres enseignes s’en méfient comme de la peste.

Carrefour se tourne donc vers Google, une première en Europe, et en 2019, tous ses produits pourront être commandés à voix haute depuis un smartphone, des enceintes connectées ou plus classiquement la plate-forme d’e-commerce. Mais c’est Carrefour qui préparera et livrera les commandes. Et qui, au passage, touchera de nouveaux clients, plus jeunes. 

Oui mais quelles sont les conditions du deal ?

C’est toute la question, il y a évidemment un partage de la valeur mais les deux acteurs ne le précisent pas. Ce qui est sûr, c’est que les transactions seront réalisées par Google. Et puis, au-delà des marges, il y a les données, si précieuses pour mieux connaître les clients et personnaliser les offres. Carrefour affirme qu’il en restera propriétaire, mais le géant de la tech y aura accès, comme Amazon avec Monoprix. Par ailleurs, si Carrefour part avec une longueur d’avance, son partenariat n’a pas vocation à être exclusif. "Tous les commerçants peuvent nous contacter", souligne-t-on chez Google France. A terme, la puissance des Gafa risque d’être implacable.

Reste la question que vous vous posez depuis le début de cette chronique : fera-t-on vraiment ses courses demain en parlant à son assistant vocal ? J’espère que non, mais je crains d’avoir tort.

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