La question des déficits publics se rappelle déjà au bon souvenir d’Emmanuel Macron.

La commission européenne a publié hier ses prévisions économiques dites de printemps, et elles montrent que la France est loin d’avoir remis ses comptes publics en ordre. Selon les experts de Bruxelles, le déficit public s’élèvera cette année à 3% du produit intérieur brut si aucune dépense nouvelle ni aucune économie nouvelle ne sont décidées. Cet étiage classe la France dans les deux places les plus au fond de la classe de la zone euro, avec l’Espagne. Mais le plus intéressant à relever est à venir : l’an prochain, en 2018, à politique inchangée, la France afficherait un déficit de 3,2% du PIB parce que des dépenses ont été un peu cachées sous le tapis et elle serait, cette fois, tout tout au fond de la classe, la seule oui la seule au-dessus des 3%. Dix-neuvième sur dix-neuf. Cela dit deux choses. Un : pendant le quinquennat Hollande, le déficit a été réduit, c’est vrai mais moins qu’ailleurs. Deux : la France est le pays qui crie le plus fort contre l’austérité et celui qui la pratique le moins. On peut dire que c’est tactiquement très fort, que c’est hypocrite ou, tout simplement, que c’est se moquer du monde. Et l’argument qui consiste à dire : les pays les plus austères ont la croissance la plus faible ne tient pas. La moyenne de la croissance en zone euro est supérieure à la croissance française.

Que prévoit le nouveau président ?

Il a été le seul, pendant la campagne, à souhaiter respecter les règles budgétaires européennes. Il estime que c’est le seul moyen d’acquérir une crédibilité auprès de nos partenaires, qui sont las des promesses jamais tenues de Paris. C’est à cette condition que Berlin et les pays du Nord diront oui à une plus forte coordination des politiques économiques et à des investissements communs. Mais le projet de Macron permet-il de tenir la crête ? Entre un plan d’investissement, un service national à financer et une baisse de taxe d’habitation, ce n’est pas très clair, honnêtement. Quant à LR, les Républicains, leur projet est budgétairement flou. Pendant la présidentielle, la question financière est passée plutôt sous le tapis, ce tapis il faut le soulever pendant les législatives pour que la poussière ne déborde pas après.

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