L’édito éco de Dominique Seux, des « Echos ». __Il y a quelques heures, le magazine américain Forbes a publié son classement annuel des milliardaires. Pendant la crise, il se passe aussi quelque chose dans le camp des riches, ou plutôt des hyper-riches, ceux qui ont un patrimoine de plus d’un milliard de dollars. Ce classement annuel est toujours attendu et les noms des heureux gagnants de l’édition 2009 sont : Bill Gates, fondateur de Microsoft, l’homme le plus riche du monde, avec 40 milliards de dollars ; le numéro deux est l’investisseur américain vedette Warren Buffet, 37 milliards ; et le troisième, l’industriel mexicain des télécommunications Carlos Slim. Il ne faut pas accorder trop d’importance à ce palmarès. Mais il est quand même riche d’enseignements. Le premier, c’est qu’il y a moins d’hyper-riches et que ceux qui le sont restés le sont moins. Le nombre de milliardaires est passé de 1.125 l’an dernier à en gros 800 cette année. Pour ces élus, la crise, c’est la chute des bourses mondiales évidemment puisque leur fortune est constituée d’actions d’entreprises. Deuxième point, la richesse globale de ces 800 riches a été divisée par deux, elle n’est plus que de 2.400 milliards. C’est presque le produit intérieur, le PIB, de la France. Si on entre dans le détail, certaines évolutions sont frappantes. Et la principale, c’est que les temps sont durs pour les nouveaux riches. Avec les financiers de Wall Street qui sortent la tête basse, ce sont les Chinois, les Indiens et les Russes qui ont été les plus touchés par la crise. Les deux tiers des Russes ont été éjectés de la liste des milliardaires, à cause du yo-yo du prix des matières premières. Résultat : Moscou, capitale mondiale des milliardaires, perd sa couronne. Elle n’en compte plus que 27, contre 55 pour New York, qui retrouve son titre de numéro un. Et c’est d’ailleurs peut-être cela qui marque les esprits : les vieux pays industrialisés, les Etats-Unis et l’Europe, reprennent la place qu’ils avaient perdue au profit des pays émergents. La fortune d’un Bill Gates a beau avoir fondu de 18 milliards de dollars, la vieille Amérique compte 469 des 800 milliardaires qui peuplent la planète. La richesse, elle reste là-bas. Côté européen, il y a deux bonnes nouvelles dans ce classement. Ce sont les entrepreneurs, pas les purs financiers ou les héritiers, qui ont remplacé les partants de la liste. Et l’Europe, jugée parfois un peu minable, dépassée, n’est pas si mal placée. Dans les dix premiers mondiaux, il y a les fondateurs d'Ikea, d'Aldi, l’enseigne alimentaire low-cost allemande, et de Zara. Un suédois, deux frères allemands et un espagnol. Le vieux continent peut faire naître des empires industriels, dans des secteurs qui ne sont ni la high-tech américaine, ni les fortunes immobilières asiatiques. Avec des produits innovants, peu chers, dans des domaines comme l'habillement ou l'ameublement. Pour compléter le tableau, il y a dix Français, et le premier est Bernard Arnault, LVMH, au 16ème rang, avant Liliane Bettencourt, L’Oréal, 21ème. On ne va quand même pas plaindre ces hyper-riches qui le sont un peu moins. Leur niveau de vie n’est pas en cause, et il n’a rien à voir avec leur nationalité puisqu’ils sont véritablement transnationaux, vivant partout. Puis, il faut rappeler que ces classements sont en partie virtuels : la richesse étant liée à la bourse, leur patrimoine peut remonter. En revanche, si l’économie continue d’être bousculée comme cette année, le palmarès de l’an prochain sera encore très différent. Un vrai suspense !

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