Ce matin, vous voulez nous parler du succès du drive. Oui, la France en comptait 1.000 en juin dernier, elle vient de franchir la barre des 2.000. Doublement donc en neuf mois. Alors petite précision pour commencer pour nos auditeurs parisiens qui ignorent souvent ce nouveau canal commercial. Ca commence sur un ordinateur. A n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, vous passez commande de ce que vous achetez habituellement à l’hypermarché, l’eau minérale, la lessive, les pâtes etc. Et plutôt que d’attendre la livraison qui vous bloque deux heures en renchérissant la facture de 15 à 25%, vous allez vous-même en voiture récupérer les cartons dans un entrepôt, le fameux drive, au prix magasin. Finie la corvée du Caddie © ! Les Français raffolent de ce nouveau canal par lequel ils feraient déjà, selon le cabinet Argon Consulting, entre 2,5 % et 3 % de leurs achats en produits alimentaires et de grande consommation.Quelles leçons tirez-vous de ce succès ? Reprenons pour vous répondre la bonne vieille loi de l’offre et de la demande. Du côté de la demande, l’engouement pour le drive est la preuve que les Français sont prêts à changer de comportement. On les décrit souvent coincés, bloqués, inaptes à tout changement. C’est faux. Dès qu’on le leur a proposé, ils se sont mis au mobile et à internet aussi vite qu’ailleurs. Et quand on leur propose un mode de consommation adapté à leurs préférences, ils foncent. Ce qui nous amène du côté de l’offre. Même dans un secteur aussi ancien que le commerce, il est possible d’innover et cette innovation est efficace. Elle passe ici par l’alliance d’outils traditionnels comme le magasin et d’outils modernes comme internet. On le devine: les possibilités sont infinies. Et pour les distributeurs, quel est l’intérêt du drive ? D’abord, c’est un levier pour devenir plus compétitif. Leclerc en fait même un axe stratégique pour conquérir de nouveaux clients, en se rapprochant d’eux sans investir dans la lourde infrastructure d’un hyper. Ensuite, l distributeurs apprennent de nouvelles techniques. Au début, leurs employés faisaient le tour du magasin avec la liste des courses arrivée par Internet. Ce n’est pas un système très rentable, puis qu’il consiste à faire faire par un employé le travail qui était auparavant réalisé par le client lui-même avec son Caddie. Mais les distributeurs commencent à automatiser l’exécution de la commande, et ça pourra aussi leur servir pour abaisser le coût des livraisons à domicile. Les magasins vont-ils disparaître ? Ca, c’est le rêve des pure players de l’Internet comme Amazon. Mais en réalité, les distributeurs classiques espèrent se servir du drive pour faire revenir les clients dans leurs magasins. Je sais, ça peut paraître bizarre. Mais le projet des distributeurs, c’est que le client fasse toutes les courses désagréables sur Internet. Puis en allant récupérer ses cartons, le client en profiterait pour s’arrêter dans le joli magasin juste à côté pour ses achats de produits frais, comme par exemple le pain, et puis aussi les achats plaisir. Internet permettrait ainsi de réinventer les magasins. Le commerce est décidément un éternel recommencement.

L'équipe

Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.