Ces jours-ci, le débat qui agite les milieux économiques a un nom : baisse de charges. Il y aura un allégement du coût du travail ; mais quel type d’emploi avantager ?

C’est LA question discutée dans les entreprises, dans les couloirs du patronat, à Bercy et à Matignon. C’est une question importante et passionnante. Elle est simple : faut-il alléger le coût du travail des bas salaires, proches du Smic, ce qui est bon pour l’emploi ? Ou faut-il alléger le coût du travail des salaires plus élevés, ce qui est bon pour la compétitivité ? Ce débat a lieu parce que François Hollande a annoncé, en janvier, une diminution de 30 milliards d’euros des cotisations sociales. Depuis, on a compris que le premier allégement Ayrault, de 20 milliards – le CICE –, sera reconduit. Reste donc 10 milliards sur la table : qu’en faire ? Et c’est là que le débat fait rage. Pour résumer les clivages, le gouvernement et les économistes penchent pour les bas salaires, les entreprises pour viser plus haut.On va regarder rapidement les arguments des uns et des autres. Depuis vingt ans, tous les efforts ont porté sur les bas salaires. Et les études montrent que des centaines de milliers d’emplois ont été créés. Donc, l’idée, au gouvernement et chez un grand nombre d’économistes, comme Pierre Cahuc qui publie ce matin une étude en ce sens, c’est de continuer. De continuer à mettre le paquet sur le coût du travail au voisinage du Smic parce que la France se caractérise par un salaire minimum plutôt élevé. Voilà la thèse du camp de l’emploi.L’autre thèse, c’est d’aider davantage les emplois qualifiés. Oui, ceux des techniciens, de l’ouvrier spécialisé, de l’agent de maîtrise, du cadre débutant etc. Les grands industriels, dans l’automobile, dans la pharmacie, mais aussi les services ne voient pas pourquoi on ne donne pas un coup de pouce à leurs métiers qui exportent et se battent dans la concurrence internationale. Pourquoi on ne privilégie pas l’avenir et la compétitivité puisque notre coût du travail est plus élevé. Ces entreprises, et c’est la thèse du Medef, demandent que l’on vise plus loin que l’emploi immédiat, que l’on pense compétitivité. Avant de voir si une thèse est plus forte que l’autre, une précision, Dominique, que représentent concrètement ces allégements dont on parle tout le temps ? Bonne question ! Donnons des chiffres précis mais peu connus finalement. Un salarié payé au smic reçoit sur son compte en banque 1.130 euros chaque mois Le coût du travail total et normal pour l’entreprise est de 2.100 euros. La différence, 970 euros (ce n’est pas rien), est payée par le salarié et l’employeur et va à la sécurité sociale. L’Etat, aujourd’hui prend en charge 375 euros. Vous voyez, il en reste ! Bon, on a vu les deux thèses, laquelle peut l’emporter ? A court terme, aider les bas salaires a un effet assuré sur l’emploi : beaucoup de gens sont prêts à recourir à des services chez eux, par exemple, si cela leur coûte moins cher. Mais pour la compétitivité à moyen terme, il faut au-delà. Moi, ma Bible, c’est le rapport Gallois, qui proposait d’alléger des charges jusqu’aux salaires à 5.000 euros par mois. Réponse dans quelques jours au jeu du « qui veut gagner 10 milliards ? » !

► ► ► POUR ALLER + LOIN > Le Medef veut combiner CICE et baisse des cotisations> Taille patrons

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