Ce matin : nucléaire, le fiasco de l’EPR n’en finit pas de coûter cher aux contribuables français.

Vue de l'EPR d'Olkiluoto, en Finlande, le 17 août 2017
Vue de l'EPR d'Olkiluoto, en Finlande, le 17 août 2017 © AFP / Antti Yrjonen / NurPhoto

C’est par un sobre communiqué d’Areva que l’on a appris hier soir que l’ex-champion français du nucléaire a passé un accord avec son client finlandais, pour l’indemniser pour les retards dans la construction de la centrale EPR d’Olkiluoto. Areva va signer un chèque de 450 millions d’euros qui sort directement de la poche des contribuables – ce n’est pas rien, et c’est en réalité davantage puisque l’État a recapitalisé Areva à hauteur de 2 milliards l’an dernier – et l’État c’est nous. 

De quoi s'agit-til ? Cet EPR est un chantier maudit vendu en 2003 aux Finlandais par Anne Lauvergeon qui -si on résume- a pris dix ans de retard et a coûté jusqu’à maintenant 10 milliards d’euros à Areva, Siemens (le partenaire) et les Finlandais. Pour l’heure, pas un kilowatt d’électricité n’a été produit. Areva en est d’ailleurs mort (il y a eu d’autres dérapages), c’est devenu un cimetière, les nouvelles activités, elles, sont logées dans Orano. La mise en service d’Olkiluoto est prévue au printemps 2019, juste avant que démarre l’EPR de Flamanville, en Normandie, piloté par EDF, et on attend le chargement du combustible dans le premier EPR chinois. 

On le rappelle, les EPR sont des réacteurs nettement plus puissants que les précédents, de l’ordre de 60% en plus, il y en a cinq en construction dans le monde.

Ce fiasco et ces surcoûts condamnent-ils le nucléaire ?

C’est l’impression qui domine aujourd’hui et il est clair que les partisans du nucléaire n’ont pas le vent en poupe et se sentent assiégés. La plupart des projets d’EPR ont été lancés avant que le prix des énergies renouvelables se mette à plonger – qu’il s’agisse de l’éolien et surtout de l’énergie solaire. Le nucléaire neuf est donc a priori condamné sur le plan purement économique. 

Mais tant que les problèmes de stockage de l’électricité venant des renouvelables, qui restent subventionnés, ne sont pas réglés, des sources variées sont indispensables. 

Au total, les courbes énergies classiques contre renouvelables doivent et vont se croiser ; mais en revanche, arrêter trop vite le nucléaire ancien, existant, qui est largement amorti, aurait peu de sens économique - et là bien sûr on ne parle que de cet aspect-là, ni d'environnement, ni de sécurité.

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