L’accident d’Ethiopian Airlines est , un coup dur pour Boeing. Lundi, le ciel asiatique s'est fermé au 737 Max et l'Europe a emboîté le pas ce mardi. Les Etats-Unis font le choix de soutenir Boeing.

Après le crash d'un Boeing 737 Max 8 de la compagnie Ethiopian Airlines, plusieurs pays ont exigé le maintien au sol des appareils.
Après le crash d'un Boeing 737 Max 8 de la compagnie Ethiopian Airlines, plusieurs pays ont exigé le maintien au sol des appareils. © AFP / STR

Le drame concerne bien sûr d’abord les victimes de cet accident aérien qui a causé la mort dimanche de 157 passagers et membres d’équipage. Mais c’est aussi un coup dur pour Boeing parce que l’avion en cause, le 737 Max, appartient à la famille la plus vendue dans le monde, les 737, et que cette nouvelle génération a été commandée à plus de 5.000 exemplaires jusqu’à présent – 370 volent déjà à l’heure actuelle. 

Après l’accident qui a touché un appareil identique à l’automne en Indonésie, s’il s’avérait qu’il y a un défaut de maîtrise par des pilotes de certains logiciels antidécrochage, si cela était confirmé, des modifications s’imposeraient. Cet appareil est le concurrent direct de la dernière version de l’A320 d’Airbus, et le cours de Boeing a reculé jusqu’à 12% à Wall Street hier. 

Mais au-delà de l’économie, le point intéressant est aussi politique ou plutôt géopolitique. Avec les mêmes informations, les autorités asiatiques, américaines et européennes n’ont pas réagi de la même manière lundi. La Chine a décidé de bloquer au sol ses B 737 Max, comme la Corée, puis Singapour qui leur a même interdit le survol de son territoire. Par mesure de précaution, mais outre que le principe de précaution concerne curieusement en Chine plutôt les sociétés étrangères, il n’est pas interdit de noter que Pékin est dans un bras de fer commercial avec Washington et que cette démarche est inédite. Elle a donc peut-être une signification technique et politique

A l’inverse, les autorités américaines n’ont pas fait atterrir les 737 de leur constructeur national tout en se disant prêtes hier soir à le faire. Les compagnies européennes non plus ne jugeaient pas lundi cela indispensable pour la sécurité, mais elles ont changé d'avis ce mardi et le ciel européen s'est fermé dans la soirée au 737.  Ce qui, a posteriori, affaiblit la thèse d'un signal politique de Pékin, mais renforce celle d'un choix politique de Washington (correction de ce mardi soir).

Ryan Air doit recevoir son premier appareil d’ici peu (elle en a commandé 135) et Air France n’en a pas.

Quel est le risque d’accident aérien ?

Il est toujours délicat de citer des statistiques après un accident et si ce modèle de 737 est en cause, cela changerait la donne - les données devraient être relatives aux seuls vol de cet appareil dans sa nouvelle version. 

Quid du bilan global ? Le bilan aérien 2018 vient d’être publié et il y a eu 62 accidents sur des avions de ligne, dont 11 mortels, sur … 46 millions de vols. On a déploré 523 morts, certes 20 fois plus qu’en 2017, mais pour … 4 milliards de passagers. Traduction : on peut théoriquement prendre l’avion 241 ans chaque jour avant de côtoyer un accident mortel. Mais cela n’enlèvera jamais la légère inquiétude à chaque fois que l’on monte à bord.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.