Il ne faut pas se tromper de priorité : la préoccupation économique est seconde par rapport au stress sanitaire. Chaque entreprise devrait se poser la question : comment contribuer à amortir le choc de l'épidémie. Parmi ces préconisations, le télétravail pourrait-il être un palliatif ?

Face à la crise du coronavirus, les entreprises ne devraient-elles pas encourager le télétravail ?
Face à la crise du coronavirus, les entreprises ne devraient-elles pas encourager le télétravail ? © Getty / Westend61

Les pouvoirs publics ont une responsabilité sur le plan sanitaire (fermer ou pas les écoles, organiser les hôpitaux), ils en ont une aussi sur le plan économique. Mais cela doit être clair : l'économique est de second rang (même si, dans le cadre d’un édito éco, c’est le lieu d’en parler !). 

La différence avec la crise financière de 2008, c’est que le virus n’est cette fois pas dans l’économie, il est extérieur, exogène (comme on dit) : l’économie souffre des décisions (légitimes) prises pour combattre le virus. 

Depuis 48 heures, les gouvernements sont généreux en annonces de plans : les Italiens ont mis sur la table 25 milliards d’euros (tout en fermant tous les commerces), les Britanniques 34 milliards, l’Allemagne s’assoit sur l’orthodoxie budgétaire et Donald Trump promet des baisses d’impôts. 

Et la France ? 

Pas de chiffrage, le gouvernement estime qu’il est trop tôt. D'une certaine façon, il n’a pas tort : les annonces d’enveloppes bien rondes ont un côté marketing, un côté grosse ficelle. Ce qui compte, à cour terme, ce sont les décisions concrètes, avec les banques, avec les Urssaf, avec le chômage partiel etc. 

Mais Emmanuel Macron devra passer quand même par un plan global. 

Aujourd’hui, on attend un geste de la BCE, le premier signé Christine Lagarde. Bref, pour résumer trivialement : il faut limiter la casse économique. 

Mais rappelons que la Chine a mis le paquet d’abord sur l’aspect sanitaire, avant de se pencher sur l’économie. Il ne faut pas se tromper de combat. 

Et donc, quel rôle pour les entreprises ? 

Si on croit à un monde de gentillesse et d’amour, on va espérer que les grandes entreprises vont aider les petites et que les banques aideront tout le monde ! Cela arrivera un peu, ou plus, mais pas toujours. 

Mais une autre question est posée je crois aux entreprises. Doivent-elles, devraient-elles, quand c’est possible, appliquer dès maintenant et plus qu'aujourd'hui des mesures barrières pour freiner l’épidémie, avec du télétravail même en l’absence de cas avérés chez leurs salariés ? Peut-être.

Cela désengorgerait les transports en commun en ville. Il ne faut naturellement pas geler l’activité économique par un couvre-feu général. Mais de même que chacun d’entre nous a un rôle à jouer, chaque responsable d’entreprise peut et doit se poser cette question : comment puis-je participer à l’effort collectif ?

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