Le gouvernement présente ce matin son projet de budget rectificatif pour 2014. Le plus gros changement concerne les crédits de la Défense.

Ce texte, ce qu’on appelle le collectif budgétaire, est un exercice traditionnel. Il s’agit de tenir compte de l’évolution des dépenses et des recettes en fin d’année – c’est tout à fait normal. A la minute où je parle, les journalistes sont en train d’être briefés à Bercy ... Mais l’on sait déjà qu’il va falloir trouver de l’argent pour la Défense et que les discussions entre les militaires et le ministère des Finances sont sans doute les plus difficiles. Pour vous dire l’ambiance, je vous cite les propos off d’un gradé. « Je n’ai pas reculé en Afghanistan et au Mali ; je ne reculerai pas devant les balles traçantes de Bercy » . Vous vous souvenez que les patrons des trois armes avaient envisagé de démissionner. Et on voit, on lit, que le Général Pierre de Villiers, le chef d’état-major des Armées, s’exprime désormais dans les médias (dans Les Echos lundi) pour défendre ses crédits – ce qui est nouveau.

Là, ce qui dérape, c’est l’enveloppe des opérations extérieures.

Ce que l’on appelle les OPEX. La France a plus de huit mille hommes sur les terrains extérieurs, au Mali, en Centrafrique, au Liban et en Irak, et ailleurs encore. Le gouvernement avait prévu que ces opérations coûteraient 450 millions d’euros, ce sera plus de 1,1 milliard. Pour les financer, des économies seront faites sur tous les autres ministères. Evidemment, cela va râler.

Mais le sujet du Budget de la Défense est bien plus large.

On ne se rend pas forcément compte de la mutation en train de s’opérer chez les militaires. En dix ans, entre 2008 et 2018, les effectifs des armées auront baissé de 80.000 postes – c’est considérable. En fin de période, le nombre de militaires sera inférieur à 200.000. Le choix de passer à une armée de plus en plus professionnalisée est aussi un choix économique. L’armée supporte les deux tiers des suppressions de postes de l’Etat et sans elle, le nombre de fonctionnaires augmenterait l’an prochain ! A l’heure où on parle, il manque toujours quelques milliards pour boucler le budget de la Défense l’an prochain. Pour éviter que cela se voie trop, une usine à gaz est en train d’être montée pour que l’armée se loue à elle-même son propre matériel – un matériel par ailleurs calculé au plus juste.

Y a-t-il des solutions pour que la Défense retrouve des marges de manœuvre ?

L’armée a manifestement des efforts à faire elle-même. La Cour des comptes s’est offusquée il y a deux ans du nombre très élevé d’officiers (plus de 30.000) dont elle se demande ce qu’ils font. Pour le reste, dans la mesure où la France assure des missions de paix pour protéger notamment l’Europe et les Européens (par exemple en Afrique), on ne voit pas pourquoi nos voisins et alliés ne participent pas sous une forme u une autre à l’effort financier qui en découle.

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Le blog de Dominique Seux

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